Expulsés des USA recueillis par le Ghana: Toujours à Accra ou renvoyés dans leur pays?

Où se trouvent à l’heure actuelle les personnes expulsées des États-Unis vers le Ghana?

Afriquinfos Editeur
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Expulsés des USA recueillis par le Ghana: Toujours à Accra ou renvoyés dans leur pays?
Des migrants expulsés par les Etats-Unis (DR, Modern Ghana)

Accra (© 2025 Afriquinfos)- Où se trouvent à l’heure actuelle les personnes expulsées des États-Unis vers le Ghana? Si leurs avocats affirment qu’ils sont toujours sur le territoire ghanéen, les autorités locales soutiennent le contraire, maintenant encore plus le flou autour de cette nouvelle politique migratoire appliquée par l’administration Trump. Avec en toile de fond, son partenariat avec certains pays africains. 

C’est par une saisine de quatre des 14 ressortissants ouest-africains expulsés par les Etats-Unis vers le Ghana qu’on en a appris un peu plus sur leur sort… ou pas. En effet, deux versions se contredisent dans cette affaire. Celle des avocats qui ont déclaré ce 15 septembre que les hommes étaient restés dans ce pays tiers et n’avaient pas été renvoyés chez eux. Contre celle des officiels ghanéens qui soutiennent que les 14 personnes – 13 Nigérians et un Gambien – «sont depuis partis vers leur pays d’origine».

« Faux ! », rétorquent les avocats américains des expulsés. Dans la saisine qu’ils ont déposée auprès d’un Tribunal à Washington, ils ont déclaré avoir communiqué avec leurs clients pour la dernière fois dans la soirée du 15 septembre, et qu’ils se trouvaient toujours au camp où ils étaient détenus au Ghana.

Un autre plaignant qu’ils représentent avait été renvoyé dans son pays d’origine avant le dépôt de la plainte. «Les plaignants estiment qu’ils risquent toujours une expulsion imminente pour les raisons énoncées dans les dossiers antérieurs des plaignants et les déclarations (incorrectes) faites plus tôt dans la journée par des responsables ghanéens selon lesquelles les plaignants ont déjà été expulsés vers leur pays d’origine», peut-on lire dans le dossier.

Les avocats des ressortissants ouest-africains ont dans leur plainte, indiqué que ces hommes, envoyés au Ghana avec neuf autres personnes, bénéficiaient de protections juridiques les empêchant d’être renvoyés chez eux, craignant d’être torturés ou persécutés.

La plainte, déposée devant un Tribunal fédéral de Washington au nom de cinq migrants, indique que les passagers ont été réveillés au milieu de la nuit du 5 septembre et n’ont été informés de leur destination que plusieurs heures après le début du vol à bord d’un avion-cargo militaire américain. Les migrants sont détenus depuis cinq jours au Ghana dans des «conditions sordides et encerclés par des gardes militaires armés dans un Centre de détention à ciel ouvert», appelé camp de Dema, selon la plainte.

Les conditions sont «épouvantables et déplorables», avec des tentes comme abri et peu d’eau courante. Du côté des autorités ghanéennes, on réfute la collusion avec l’Administration Trump.  «Nous ne pouvions tout simplement pas continuer à supporter les souffrances de nos compatriotes ouest-africains», a déclaré le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à propos des raisons qui ont motivé la décision du Gouvernement d’accueillir ces expulsés. «Pour l’instant, l’accord strict que nous avons avec les Américains est que nous n’accepterons que des Ouest-Africains», a-t-il ajouté.

Pour l’heure, la confusion demeure totale autour de cette politique migratoire américaine qui outre le pays de Kwame Nkumah, a déjà vu l’Eswatini, le Rwanda et le Soudan du Sud, accueillir des migrants de pays tiers expulsés des États-Unis.

Boniface T.