Espoir Fadu, artiste plasticien togolais ayant la ‘promotion de la paix’ chevillée au corps

Afriquinfos Editeur
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Vernissage d'une exposition d'Espoir Fadu le 19 septembre 2024 au Goethe Institut de Lomé.

Lomé (© 2024 Afriquinfos)– Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la paix 2024, les amateurs d’arts plastiques vivant ou résidant au Togo ont eu l’occasion de découvrir ou de redécouvrir, du 20 au 28 septembre 2024, des œuvres de l’artiste Espoir Fadu au Goethe Institut de Lomé. Autour du thème «Promouvoir une culture de paix», l’artiste a une nouvelle fois replongé le public dans sa défense de la culture holistique de la paix.

La célébration de la Journée internationale de la paix 2024 a offert l’occasion à WANEP-Togo (Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix) de camper le décor d’une exposition originale d’une semaine au Goethe-Institut de Lomé. Le vernissage de cette exposition a eu lieu en marge du lancement du projet «Féministes, Paix et Sécurité-Femmes d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, solidaires pour la paix».

Vernissage d’une exposition d’Espoir Fadu (g) le 19 septembre 2024 au Goethe Institut de Lomé. Il pose avec l’ex Premier ministre togolais Joseph K. Koffigoh.

Jouer sur les fondamentaux de son art

Trois grandes sous-thématiques ont structuré cette exposition d’Espoir Fadu. Un décalque de plus de trois décennies de parcours de ce plasticien, humble, et très effacé derrière ses productions artistiques. Ces sous-thématiques ont eu pour noms «Paix et sécurité», «Femme africaine et paix», «Valeurs culturelles africaines et paix».

Des tableaux aux noms évocateurs faits avec différentes matières ont permis de donner forme à cette permanence de la promotion des vertus de paix qui transparaît dans les œuvres de Fadu. Peut-il en être autrement pour un acteur de l’Art dont le nom scénique lui-même signifie «Apaiseur d’âmes, de conscience».

L’exposition du 20 au 28 septembre 2024 au Goethe Institut de Lomé a ainsi véhiculé des messages subliminaux comme «femmes dans la promotion de l’Art», «femme dans la résolution des conflits», «atrocités sociales diverses», «solidarité envers toutes formes de violence», «désarmement et réconciliation» (pour encourager le marquage, le traçage, et les bonnes relations civilo-militaires). Ou encore «désarmement de la langue» (pour caricaturer la place de la langue dans l’entretien d’une litanie de conflits contemporains sur tous les continents).

Une œuvre marquante et incontournable dans la carrière d’E. Fadu s’est aussi invitée à cette exposition. Il s’agit du message particulier que véhicule «l’installation de la Jarre messagère de paix» centrée sur l’amour et le rôle-clé d’apaisement que jouent les femmes dans toute société africaine.

Dans la ‘cosmogonie’ d’Espoir Fadu, scènes de la vie quotidienne et environnement direct de l’Homme sont utilisés pour conférer des noms aux tableaux. C’est l’exemple de «Chien et chat» (un appel subtil à l’idéal de la tolérance), «Solidarité», «Femme enceinte», «Harmonie», «Femmes de ménage» (qui encourage la résilience devant toutes les épreuves de la vie), «Dialogue social» (pour systématiser la culture de la nécessaire cohésion dans toute société humaine).

Dans le même sillage, les visiteurs à l’exposition du 20 au 28 septembre 2024 au Goethe Institut de Lomé ont également eu à se questionner devant des œuvres comme «Gestion et résolution de conflits», «Humanité», «Papa Yidi» (symbole de l’éventail qui monte), «Akpledati», «Afake», «Eha», «L’envol du Togo en paix».

Espoir Fadu est une machine à fabriquer des expositions autour de la thématique de la promotion de la paix, «socle à ses yeux de tout projet de développement». Des projections artistiques qu’il co-réalise le plus clair du temps avec des institutions régionales ou internationales de promotion de la paix comme l’UNREC (institution des Nations Unies en charge du désarmement en Afrique).

Vernissage d’une exposition d’Espoir Fadu le 19 septembre 2024 au Goethe Institut de Lomé, devant un public hétéroclite.

Par GGKE