« La précarité qui caractérise le marché de l'emploi de certains pays membres de l'OCI, le taux de chômage qu'ils endurent, le sous-emploi et la question de qualification des ressources humaines auxquels ils sont confrontés des éléments objectifs qui fondent l'action du SESRIC (centre de recherches statistiques, économiques, sociales et de formation pour les pays islamiques, NDLR) dans le cadre de ce programme », a souligné le ministre camerounais de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Zacharie Perevet, à l'ouverture de ce rendez-vous.
D'après ses promoteurs, le programme de formation professionnelle pour les pays membres de l'OCI préparé par le SESRIC vise à améliorer la qualité de la formation professionnelle dans les secteurs publics et privés dans le but de soutenir et de multiplier les occasions pour les individus dans les pays membres, à améliorer leurs connaissances et leurs qualifications et à contribuer au développement et à la compétitivité des économies.
L'enseignement supérieur, le commerce, l'économie et la finance, la sécurité professionnelle et les écoles de formation professionnelle sont les domaines ciblés.
Pour le Mauritanien Mohamed Ould Melainine Eyih, directeur de l'Institut de promotion et de formation technique et professionnelle de son pays, « comme tous les pays en voie de développement, la grande difficulté pour les systèmes de formation, c'est d'avoir un moyen de comprendre les qualifications des économies. Et comme nous avons des économies informelles, constituées de très petites entreprises, on n'a pas de stratégies de développement des ressources humaines».
Cette situation, a-t-il analysé à Xinhua, « pose souvent un problème pour les planificateurs de l'éducation, parce que cette partie de l'économie, ils ne savent pas comment se comporter avec. Donc, les grands défis pour nous à mon avis, c'est d'avoir des systèmes d'information qui peuvent identifier les besoins de planification de nos économies et d'adapter nos systèmes de formation à ces besoins ».
Face à la rareté des financements, il propose de trouver des liens entre les stratégies de développement économique et les programmes de formation. « Parce que ce qui arrive souvent, c'est qu'on a des programmes de planification pour développer le secteur économique, mais on ne met pas des composantes formation dans le développement du secteur, ce qui fait qu'on forme des jeunes en rupture avec le développement qui doit se produire ».
Le programme de formation professionnelle examiné est financé par la municipalité métropolitaine d'Istanbul en Turquie à travers son organisme dénommé Ismek qui mobilise un financement global pour d'environ 40 millions d'euros sur la période 2012-2014 en faveur d'Azerbaïdjan, du Sénégal, du Cameroun, de Koweït, d'Arabie saoudite et d'Egypte, selon le directeur de l'éducation, Mehmet Dogan.


