Covid-19: Les ministres africains du Tourisme unanimes autour de l’apartheid vaccinal envers l’Afrique

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture

Agenda

mai 2024
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

L’île de Sal (© 2021 Afriquinfos)- Se pencher sur la question des vaccins COVID-19 : c’était le principal ordre du jour de la 4e Conférence de la Commission des Nations Unies de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour l’Afrique  tenue à l’île de Sal au Cap-Vert.

Les premiers acteurs de la réunion, notamment les ministres africains du tourisme, ont lors des discussions, soutenu à l’unanimité que le continent est traité injustement, s’agissant de la distribution des vaccins COVID-19.

« C’était le consensus de tous les ministres africains présents à la réunion que nous devons parler d’une seule voix et faire savoir au monde qu’ils sont injustes envers l’Afrique, en particulier dans le domaine des vaccins», a souligné Alhaji Lai Mohammed, le ministre nigérian de l’Information et de la Culture.

« Alors que d’autres régions du monde, y compris l’Europe et les États-Unis, pensent au troisième vaccin, qui est le vaccin de rappel, la plupart des pays d’Afrique n’ont pas encore atteint 5% de vaccination de leur population », a-t-il déclaré.

- Advertisement -

Nathalie Yamb dénonce un « Nationalisme vaccinal »

En juillet, l’influenceuse suisso-ivoirienne Nathalie Yamb, dénonçait les difficultés croissantes que rencontrent les Africains souhaitant voyager en Europe depuis la mise en place d’un certificat de vaccination commun par les pays de l’Union. Les conséquences en sont déjà connues et les témoignages se multiplient : Congolais orientés vers un guichet particulier et soumis à des vérifications draconiennes à leur arrivée à l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle. Tunisiens ayant reçu deux doses de Pfizer dans leur pays mais incapables d’obtenir le précieux QR code exigé pour entrer dans l’Union européenne, et sommés de fournir malgré tout des tests PCR. Humanitaires français revenant d’Afrique de l’Ouest, dûment vaccinés sur le continent, mais ne parvenant pas à générer leur pass sanitaire sur l’application mise en ligne par les autorités…

Pour la militante panafricaniste, c’est bien plus que cela. « Ils ont développé sous la même marque un vaccin pour l’Europe et un vaccin pour l’Afrique. Et aujourd’hui pour voyager vers l’Europe, ils reconnaissent la version pour les blancs mais pas la version pour les nègres. »

La polémiste incite donc ses auditeurs à refuser de se faire inoculer les sérums arrivant via l’initiative Covax, mais aussi à manifester leur mécontentement devant les représentations diplomatiques européennes en Afrique et même, directement, auprès des Européens arrivant sur le continent. « On doit leur faire savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus chez nous tant que nous ne sommes pas bienvenus chez eux », martèle-t-elle avec fermeté.

Un discours violent, mais qui trouve un écho parmi toute une partie de la population du continent. Car les tracasseries auxquelles se heurtent les Africains souhaitant voyager en Europe viennent s’ajouter à une déjà longue liste d’annonces et de décisions discriminatoires ou humiliantes, de déclarations maladroites et amplifiées sur les réseaux sociaux laissant entendre, entre autres, que les laboratoires occidentaux allaient utiliser les populations africaines comme des cobayes. Alors : simple luxe de précaution ou nouvelle manifestation du « nationalisme vaccinal » que les autorités sanitaires internationales dénoncent depuis des mois ?

I.N.