Côte d’Ivoire: Invectives d’opposants contre fermeté de la loi sur la route de la présidentielle 2025

Le climat socio-politique continue d'être tendu en Côte d'Ivoire avant le scrutin du 25 octobre. Une donne classique depuis 2010, mais un peu plus aiguë, en raison de l'exclusion de plusieurs figures de l'Opposition de la prochaine joute présidentielle.

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L'ancien Président ivoirien et président du Parti du peuple africain de Côte d'Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, lors d'une réunion du comité central au siège du parti à Abidjan, le 26 avril 2025.
L'ancien Président ivoirien et président du Parti du peuple africain de Côte d'Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, lors d'une réunion du comité central au siège du parti à Abidjan, le 26 avril 2025.

Le climat socio-politique continue d’être tendu en Côte d’Ivoire avant le scrutin du 25 octobre. Une donne classique depuis 2010, mais un peu plus aiguë, en raison de l’exclusion de plusieurs figures de l’Opposition de la prochaine joute présidentielle. Aux cris des opposants, le pouvoir RHDP continue d’opposer la force de la loi.

Dix-huit militants du parti de l’ancien Président et opposant ivoirien Laurent Gbagbo, arrêtés plus tôt dans le mois, ont été libérés ce 17 septembre, a appris ce 19 septembre l’AFP auprès du président exécutif de la formation.

A quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le Parti des peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) avait affirmé ce 16 septembre qu’une trentaine de ses membres avaient été arrêtés ou « enlevés » depuis le 1er août dernier. « Dix-huit militants ont été libérés avant-hier (mercredi, ndlr) après plusieurs jours d’interrogatoires » à Abidjan, et dans plusieurs villes du centre du pays, a affirmé à l’AFP Sébastien Dano Djédjé. Selon lui, ils avaient été « arrêtés dans les maquis (des bars informels, ndlr), ou dans leurs maisons ».

Onze membres du parti sont toujours en prison, inculpés notamment pour « acte terroriste » en août 2025, après des incidents, notamment l’incendie d’un bus dans la Commune abidjanaise de Yopougon. Figurent parmi eux l’ancien ministre de la Défense, Moïse Lida Kouassi et la députée suppléante de Yopougon, Pascale Zahouly. Par ailleurs, le cyberactiviste Ibrahim Zigui, sympathisant du PPA-CI, a été, selon son avocat, « enlevé » début septembre 2025. Il est aujourd’hui détenu au PPA (Pôle pénitentiaire d’Abidjan), a indiqué M. Djédjé.

Climat socio-politique classique dans le pays, selon la Justice ivoirienne

Le procureur de la République (près le Tribunal d’Abidjan) a démenti jeudi, 18 septembre 2025, tout « enlèvement » et toute « disparition forcée », en réponse à des accusations de l’Opposition, à quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Le parti de l’ancien Président et opposant Laurent Gbagbo avait affirmé ce 16 septembre 2025 qu’une trentaine de ses membres ont été victimes depuis le 1er août 2025 d' »enlèvement », de « disparition forcée » ou d’arrestations. Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire, avant le scrutin du 25 octobre, notamment en raison de l’exclusion de deux figures de l’Opposition, Laurent K. Gbagbo et Tidjane Thiam, suite à des décisions de justice.

« Le procureur de la République observe depuis quelque temps que certaines personnes, dont des dirigeants de partis politiques (…) font état d’enlèvements par des éléments encagoulés », a écrit Oumar Braman Koné dans un communiqué. Le procureur « est régulièrement informé des opérations de Police ou de Gendarmerie ayant pour objet l’interpellation ou l’arrestation des auteurs d’infractions », et « ces opérations sont toujours conduites sous sa direction », a-t-il ajouté.

« La Côte d’Ivoire ne connaît ni enlèvements, ni séquestrations, ni disparitions forcées » a-t-il martelé, précisant que « toutes les personnes interpellées font l’objet de procédures d’enquête régulières et de jugement et sont, si nécessaire, détenues conformément à la loi ». Il a par ailleurs ajouté que l’usage de cagoules par les agents de Police et de la Gendarmerie lors d’interventions « procède d’un mode opératoire propre à certaines Unités » et n’est pas contraire à la loi.

Laurent Gbagbo, président du PPA-CI (Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire) et Tidjane Thiam, chef du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), comme d’autres opposants, ont vu leur candidature à l’élection présidentielle être récemment rejetée par le Conseil Constitutionnel en raison de leur radiation de la liste électorale. Ils ne pourront pas affronter le Président sortant Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat consécutif depuis 2011.

© Afriquinfos & Agence France-Presse