Côte d’Ivoire: Attention à ne pas attiser la tension politique avec le cas Damana Pickass

Damana Pickass est par ailleurs le coordonnateur général du "Front commun" qui regroupe les deux principaux partis d'opposition du pays, le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam.

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Coordonnateur Général du Front Commun, Damana Pickass (DR, topnewsafrica.net).
Coordonnateur Général du Front Commun, Damana Pickass (DR, topnewsafrica.net).

Damana Pickass, haut cadre du parti de l’ancien président ivoirien et désormais opposant Laurent Koudou Gbagbo, a été arrêté ce 04 novembre 2025 près d’Abidjan, accusé d’avoir appelé à « l’insurrection populaire » avant la présidentielle du 25 octobre, a indiqué le procureur près le Tribunal d’Abidjan ce 05 novembre.

Damana Pickass (g), membre du Parti populaire africain (PPA-CI, opposition) de l'ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo, arrive au Tribunal d'Abidjan, le 12 février 2025, pour le verdict de son procès pour l'attaque d'une caserne militaire en 2021.
Damana Pickass (g), membre du Parti populaire africain (PPA-CI, opposition) de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo, arrive au Tribunal d’Abidjan, le 12 février 2025, pour le verdict de son procès pour l’attaque d’une caserne militaire en 2021.

« Mardi, 04 novembre, il a été procédé par la Police nationale à l’interpellation à Bingerville » de M. Pickass, a déclaré le procureur Oumar Braman Koné dans un communiqué. Avant la présidentielle, le Front commun (PPA-CI et PDCI) avait appelé à plusieurs manifestations pour dénoncer l’exclusion de ses candidats du scrutin du 25 octobre, des marches qui avaient été interdites par le pouvoir. Une nouvelle marche est par ailleurs prévue samedi, 08 novembre.

« Certains acteurs politiques, dont le nommé Damana Adia Pickass, ont appelé à l’insurrection populaire et au renversement des institutions de la République« , a encore mentionné le procureur Koné. « Ces appels (…) ont conduit à la constitution d’attroupements armés et non armés qui ont occasionné des actes de violence portant atteinte à la sécurité nationale« , ajoute t-il. Damana Pickass « était traqué, c’est la persécution des opposants qui continue« , a réagi dans la matinée de ce 05 novembre Sébastien Dano Djedje, président exécutif du PPA-CI (Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire).

Côte d’Ivoire et troubles électoraux

Le scrutin du 25 octobre s’est globalement déroulé dans le calme, mais n’a pas été exempt de violences dans ce pays où l’élection présidentielle est souvent synonyme de tensions politiques. Au total, onze personnes sont mortes dans des manifestations avant le scrutin ou dans des affrontements intercommunautaires le jour du vote. L’opposition évoque un « bilan de 27 morts« . Plus d’une centaine de personnes ont été condamnées en outre à trois ans de prison ferme pour avoir participé à ces manifestations, selon leurs avocats.

Fidèle de longue date de Laurent Gbagbo, et tenant de l’aile dure de son parti, Damana Pickass était apparu pour la dernière fois le 16 octobre dernier, où dans une vidéo d’une vingtaine de minutes, il appelait les Ivoiriens à manifester. « Tous les Ivoiriens sont invités à occuper les rues de façon pacifique. Je vous invite à beaucoup plus de détermination, à beaucoup plus de volonté, à beaucoup plus d’engagement« , avait-il déclaré. Fin septembre 2025, lors d’une convocation au Tribunal d’Abidjan, il avait dit avoir été « mis en garde » par le procureur qu’il serait arrêté en cas de troubles à l’ordre public.

Et en début d’année 2025, il avait aussi écopé d’une peine de 10 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat« , concernant des faits remontant à 2021. En l’absence de mandat de dépôt, il n’a pas été incarcéré, comme cela arrive en Côte d’Ivoire, même pour de lourdes peines.

M. Pickass est par ailleurs le coordonnateur général du « Front commun » qui regroupe les deux principaux partis d’opposition du pays, le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam. Ces deux dirigeants avaient été écartés par la justice du scrutin présidentiel remporté avec près de 90% des voix par le Chef de l’Etat sortant Alassane Ouattara.

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