Contenu du nouvel Accord technique entre Gouvernement et M23 conclu en Suisse…

Le Gouvernement de Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23 ont signé, ce 15 avril 2026, à Genève (en Suisse), un nouveau MoU (Memorandum of Understanding).

Afriquinfos Editeur
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Contenu du nouvel Accord technique entre Gouvernement et M23 conclu en Suisse...
Signature d'accord entre les autorités de Kinshasa et le M23 (photo, DR).

Genève (© 2026 Afriquinfos)- Le Gouvernement de Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23 ont signé, ce 15 avril 2026, à Genève (en Suisse), un nouveau MoU (Memorandum of Understanding). Il s’agit du 9è round de discussions entre les deux parties, après plusieurs semaines d’interruption. Le texte placé sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), prévoit le renforcement du mécanisme conjoint de vérification de la trêve, chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu dans les zones de conflit.

Le point d’orgue de ces discussions a été la signature, le 15 avril 2026, d’un Mémorandum d’Entente qui transforme l’actuel Mécanisme Élargi de Vérification Conjointe (EJVM) en une nouvelle entité, l’EJVM+.

Cette clause prévoit une représentation paritaire entre Kinshasa et le M23, avec l’appui des Nations unies dans le suivi opérationnel. En clair, elle permettra désormais à l’AFC/M23 de déployer ses propres officiers au sein du mécanisme de vérification et de surveillance du cessez-le-feu, en étroite collaboration avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

Cette inclusion directe des représentants de l’AFC/M23 vise à renforcer la transparence et la crédibilité du processus de vérification sur le terrain, en particulier dans des zones stratégiques comme Uvira, dans la province du Sud-Kivu, qui a été le théâtre d’intenses affrontements par le passé. Les négociations, délocalisées en Suisse en raison de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, ont été facilitées par la médiation du Qatar, représenté par Mohammed Bin Abdel Aziz Al Khulaifi, Ministre d’État et Ministre des Affaires étrangères.

La délégation de l’AFC/M23, composée de plusieurs de ses hauts cadres, était conduite par René Abandi, négociateur principal et secrétaire permanent de la rébellion. Du côté du gouvernement congolais, la délégation était dirigée par Sumbu Sita Mambu, haut représentant du chef de l’État.

Les pourparlers, organisés près de Montreux, s’inscrivent dans la continuité des médiations internationales menées notamment à Doha et à Washington, qui n’ont jusqu’ici pas permis de stabiliser durablement la situation sur le terrain.

Les États‑Unis ont pris part aux discussions en tant que facilitateurs, tandis que la MONUSCO a participé à cette nouvelle phase des pourparlers en qualité d’observateur, précisent des sources proches du dossier.

L’est de la RDC toujours en proie aux violences

Malgré ces initiatives diplomatiques, l’est de la RDC reste marqué par des violences récurrentes, des déplacements massifs de populations et une forte instabilité sécuritaire, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l’ONU par cette même occasion a exprimé sa profonde inquiétude face à la persistance des violences dans l’est de la RDC et à la fragilité des processus de désescalade engagés ces derniers mois. Les discussions ont porté sur l’état d’avancement des cadres de médiation de Doha et de Washington, jugés encore insuffisamment appliqués sur le terrain.

Les représentants onusiens ont insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu « effectif et vérifiable », soulignant le décalage persistant entre les engagements politiques et la réalité sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

La reprise de ces négociations intervient après la signature, le 14 octobre 2025 à Doha (Qatar), d’un mécanisme conjoint entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais, destiné à vérifier le respect du cessez‑le‑feu.

V. A.