Après huit jours de travail, l'équipe médicale composée de quatre spécialistes hollandais en chirurgie orthopédique et en kinésithérapie et leurs collègues congolais ont consulté 129 personnes, 41 ont subies des interventions chirurgicales, 19 ont été appareillés, quatre plâtrés et un enfant s'est vu fixé des prothèses. Plusieurs autres enfants ont subis des soins appropriés susceptibles d'améliorer leur mobilité.
Le Congo ne compte pas plus de cinq spécialistes en chirurgie orthopédique (deux spécialistes seulement au CHU de Brazzaville, le plus grand établissement de soin du pays). La plupart des personnels formés à la faculté de santé de Brazzaville prennent le chemin des pays riches à la recherche de bien meilleures perspectives de carrière.
Par ailleurs, les hôpitaux n'offrent pas de bonnes conditions matérielles de travail, puis les familles, souvent pauvres et sous-informées, laissent peu de chance à la lutte contre les malformations invalidantes. Et pourtant, celles-ci sont nombreuses, surtout après les épidémies de poliomyélite et des catastrophes comme l'explosion du dépôt d'armements et munitions à Brazzaville le 4 mars dernier. D'autres malformations acquises sont dues aux injections intraveineuses mal faites contre d'autres maladies comme le paludisme.
Le partenariat entre le gouvernement du Congo et l'association hollandaise permet désormais d'organiser deux campagnes spéciales de soins orthopédiques par année pendant les cinq prochaines années. L'objectif est d'améliorer la mobilité d'au moins cent patients au terme de chaque campagne.
"Durant toute la campagne nous travaillons ensemble avec les médecins et les personnels d'appui congolais. Nous faisons les consultations de malades ensemble, discutons sur les malades[…] sans doute il y a un transfert de connaissances dans les deux sens", a estimé le docteur hollandais Jan Bos qui dirigeait l'équipe médicale.
Cependant, pour la ministre congolaise des Affaires sociales, de l'action humanitaire et de la solidarité, il faut étendre ce volet formation, en impliquant les départements de la santé et de l'enseignement supérieur du gouvernement. Car, a-t-elle renchéri, les besoins de la population en soins orthopédiques et en rééducation fonctionnelle sont immenses.
La fondation "Sur un pied d'égalité" est présente au Congo depuis plus de 30 ans à travers un centre d'appareillage orthopédique et un atelier de fabrication de tricycles. Elle aide aussi à la formation dans les domaines de l'orthopédie. Le 14 septembre dernier, elle s'est engagée dans un partenariat avec le ministère congolais des Affaires sociales, afin d'aider à soigner les enfants porteurs de malformations orthopédiques congénitales ou acquises.
En effet, selon les données officielles, au Congo 6,7% de la population, soit plus de 637 700 personnes sont handicapées sur une population totale de près de 3 millions 700 mille recensée en 2007. Les données inquiètent d'autant plus qu'il manque souvent de prise en charge précoce susceptible de sauver les enfants malformés dès leur naissance


