Avec son homologue chinois, M. Sassou Nguesso, qui fait partie d'un groupe d'une quinzaine de dirigeants africains présents à la rencontre des BRICS, aura des discussions visant à explorer davantage les possibilités de partenariat en matière d'infrastructures et des sujets de politique internationale, a-t-il annoncé dans un entretien mercredi aux médias chinois.
Question : Monsieur le président, le président chinois Xi Jinping effectuera une visite dans votre pays. Quel est l'état des relations entre la Chine et le Congo ?
Réponse : Nous avons une longue tradition de coopération avec la Chine. Nous avons établi nos relations diplomatiques avec la Chine en février 1964. On va compter 49 ans. L'année prochaine, ce sera 50 ans. Au cours de cette période, nous avons réalisé de grands projets dans tous les secteurs. Cette fois, nous allons approfondir cette relation et nous engager encore dans le cadre du partenariat stratégique qui nous lie dans de grands projets d'infrastructure, pour continuer ceux qui ont déjà été réalisés. Nous avons d'autres grands projets d'infrastructures, par exemple la réalisation d'un port minier à Pointe-Noire, la poursuite des autres projets de construction de barrages hydroélectriques, de construction de routes, de ports fluviaux, essentiellement des projets dans les infrastructures de base.
Q : Quel est l'état de santé de l'économie congolaise et qu'attendez-vous des BRICS en matière de partenariat ?
R : On peut dire que malgré la morosité ambiante de l'économie mondiale, nous sommes dans une phase de croissance continue. Nous pensons que cette croissance de notre économie va durer. Aujourd'hui, nous sommes au-dessus de la moyenne africaine, un taux de croissance autour de 5-6%. Donc, notre économie se porte assez bien. Ici, nous sommes heureux de constater que les BRICS vont s'engager dans le financement des infrastructures en Afrique en créant cette banque des BRICS, d'après ce que nous suivons. Nous considérons cet événement comme un événement majeur pour l'avenir de l'Afrique.
Q : Une quinzaine de leaders africains prennent part au sommet de BRICS. Pourquoi tant d'intérêt envers les BRICS ?
R : C'est pour la première fois qu'un groupe de pays se mettent ensemble pour créer une task force avec des moyens financiers importants pour promouvoir des secteurs qui conditionnent le développement de l'Afrique. Sans les infrastructures, il sera impossible d'impulser le développement de l'Afrique, et même de développer le commerce intra-africain. Nous pensons qu'il s'agit là d'un moment historique et voilà pourquoi nous accordons une grande importance à cette réunion des BRICS qui va aborder un sujet majeur pour le développement de l'Afrique.
Q : Pour vous, cette banque est-elle une alternative face aux institutions mondiales comme la Banque mondiale ?
R : Nous pensons qu'elle vient renforcer les institutions qui existent. Ce n'est pas seulement la Banque mondiale, il y a déjà la Banque africaine de développement qui existe, qui intervient massivement dans des projets en Afrique. On n'a pas trop de moyens pour cela et si une autre institution vient renforcer celles qui existent pour accélérer le développement de l'Afrique, cela n'est qu'une bonne chose pour notre continent.
Q : Quelles sont vos attentes concernant la visite du président Xi Jinping ?
R : D'abord, la visite du président chinois au Congo est vécue par les Congolais comme un événement très important. C'est pour la première fois qu'un chef d'Etat chinois va visiter notre pays. Nous savons que l'ancien Premier ministre chinois a déjà visité le Congo, mais c'est pour la première fois qu'un chef d'Etat chinois va arriver au Congo. Moi-même je suis déjà allé en Chine plus d'une dizaine de fois, mais cette fois c'est le président de la République populaire de Chine qui rend visite au Congo et c'est un événement important pour nous. Nous aurons des discussions importantes, pas seulement sur des questions économiques, mais aussi sur les problèmes du monde, les problèmes de paix et de sécurité en Afrique et ailleurs, les problèmes de fonctionnement des Nations Unies, la position de l'Afrique. Donc, ce sont autant de sujets de politique internationale que nous allons discuter avec le président chinois. La Chine joue aujourd'hui un rôle très important sur la scène internationale. Donc, ce sera un moment historique.


