Ciment : Lancement de la construction d’une nouvelle usine au Cameroun

Afriquinfos Editeur
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Doté d'un financement de estimé à 20 milliards de francs CFA (40 millions USD), ce projet emmené par la société Ciments de lAfrique (Cimaf) et lancé samedi en présence, fait rare, du Premier ministre camerounais Philemon Yang, se propose de produire du ciment en important du clinker de son pays d'origine, le Maroc.

Il devra permettre de porter dès fin 2012 de 1,6 à 2,1 millions de tonnes l'an la production nationale du ciment jusqu'ici exclusivement portée depuis les lendemains de l'indépendance du Cameroun en 1960 par les Cimenteries du Cameroun (Cimencam, ex-entreprise étatique aujourd'hui contrôlée par l'industriel français Vincent Bolloré, suite à la privatisation).

C'est une offre largement en dessous de la demande, estimée à 2,5 millions de tonnes l'an, avec une croissance annuelle de 8%, selon les statistiques officielles. D'où parfois des tensions sur le marché et une spéculation qui occasionne quelquefois aussi des hausses des prix qui obligent le gouvernement à autoriser des importations.

Pour le court terme, a réaffirmé le chef du gouvernement camerounais, les besoins sont de l'ordre de 8 millions de tonnes l'an, dus à une série de projets infrastructurels tels le port en eau profonde de Kribi (Sud), les barrages hydroélectriques de Lom Pangar (Est) et de Memeve'ele (Sud) en cours d'exécution.

"Notre objectif principal est de faire baisser le prix du ciment sur le marché local, afin notamment de permettre la production de logements sociaux à des prix attractifs. Cet investissement est un accélérateur de projets structurants et de projets d' habitat. Notre groupe entend investir ensuite dans l'immobilier, surtout le logement social", a promis le président-directeur général de Cimaf-Cameroun, Anas Sefrioui.

Reste que, passé l'enthousiasme observé lors de la cérémonie protocolaire de pose de la première pierre, cette entreprise devra faire avec un environnement où déjà l'usine de Dangote Cement, à peine lancée en septembre 2011 pour une production annuelle de un million de tonnes contre un investissement de 115 millions USD (57 milliards de francs CFA), se retrouve subitement bloquée à cause d'une opposition des autorités traditionnelles de Douala, présentes pourtant au lancement officiel du projet.