Les chimpanzés de la réserve naturelle de Vyanda se révoltent

Afriquinfos Editeur
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Depuis le mois de janvier 2013, ils ont déjà tué une personne et blessé trois autres. Ils ont  attaqué 17 chèvres, deux moutons et ne se cessent de vandaliser les petites boulangeries des environs et les bananerais proches de cette réserve.

 « La destruction de plus de 600 ha par les 700 ménages installés dans cette réserve est une des explications du comportement de ces chimpanzés», selon Mamert Sabushimike, de l’Association  des Amis de la Nature (AAN).

D’après lui, l’installation de ces habitants s’est accompagnée du défrichement pour chercher des espaces cultivables. Et par conséquent,  poursuit-il, les arbres fruitiers qui constituaient en grande partie la source d’alimentation de ces chimpanzés ont été abattus abusivement.  

Il signale que cette réserve qui s’étendait depuis la création  de l’Institut national pour la conservation  de la nature (INCN) à 4500 ha a été réduit aujourd’hui à 3900 ha. Cette forêt  aussi menacée  par le braconnage et  le pacage du bétail s’étale sur deux communes de la province de Bururi : Rumonge  et Vyanda.

Pour Mamert Sabushimike, il faut que ces habitants installés dans le périmètre de cette réserve retournent sur leurs collines d’origine pour que ces chimpanzés ne se sentent pas menacés. Leur nouveau comportement fait peur à la population environnante. « Normalement, les chimpanzés ne sont pas carnivores. Mais, au cours de ces derniers jours, ils s’attaquent aux chèvres, aux moutons,… non pas pour les tuer seulement mais ils les déchiquètent et ne mangent que les viscères, chose étrange », s’inquiète-t-elle. 

Mamert Sabushimike demande au ministère en charge de l’environnement de se saisir de la question et d’augmenter le nombre des gardiens de cette réserve pour que les gens ne continuent pas à envahir cette forêt. « Deux gardiens pour cette réserve, c’est insignifiant», déplore-t-il tout en recommandant au gouvernement de mettre en place dans l’urgence une commission chargée de la gestion et de  la protection de cette réserve prisée par les touristes.