Deux semaines après une attaque de Bouar (Nord) fin octobre par des individus armés assimilés aux anti-balakas, groupes d'autodéfense villageois créés à l'époque du pouvoir de Bozizé pour lutter contre les groupes armés communément appelés "coupeurs de route", le porte-parole de la présidence, Guy Simplice Kodégué, a attribué la responsabilité de cet acte à ces milices qu'il dit instrumentalisées par l'ancien régime.
Dans une mise en cause des "velléités guerrières de ceux-là qui perdu le pouvoir", M. Kodégué, qui avait déjà servi auparavant aux côtés du défunt président Ange-Félix Patassé renversé par François Bozizé en mars 2003, a, lors d'une conférence de presse lundi à Bangui, a affirmé que "cette attaque de Bouar illustre bien plus que (…) c'est une nouvelle rébellion en gestation".
Une cinquantaine de personnes dont cinq ex-rebelles de la Séléka avaient été tuées lors de cette attaque du 26 octobre à Bouar soldée par près de huit heures de violents combats entre les assaillants et les forces de défense et de sécurité au sein desquelles a été intégrée une partie de ex-combattants de l'ex-rébellion qui s'est emparée du pouvoir le 24 mars à Bangui, selon le bilan officiel.
"Sous couvert des fameux groupes, il y a des actions de sabotage du processus de transition en cours avec des armes lourdes, du matériel transporté par avion. Leur coup à Bouar a échoué. Ils avaient été repoussés par une colonne de 200 militaires FACA (Forces armées centrafricaines, l'armée régulière, NDLR). Certains avaient pris la direction de Garoua-Boulaï au Cameroun, d'autres celle de Bozoum (Nord-Ouest)", a laissé entendre Guy Simplice Kodégué dans un entretien téléphonique mardi à Xinhua.
Plus de 10.000 habitants de Bouar, une ville de 30 à 40.000 personnes, s'étaient réfugiés dans des paroisses de l'Eglise catholique de la région pour fuir les affrontements. A en croire le porte-parole de la présidence, "ces gens sont rentrés chez eux. La vie a repris. Les écoles sont rouvertes. Les services fonctionnent", des déclarations qui restent à confirmer. Dans la confusion créée par une redoutable circulation d'armes à Bangui, un groupe de plus de 60 anti-balakas (entendez anti-machettes) a réussi à pénétrer dans la capitale, selon M. Kodégué. "Les services travaillent, dit-il. Il va y avoir des arrestations".
Alors qu'un grand nombre de FACA a pu regagner les rangs, "la majeure partie reste en brousse. Ils se cachent et organisent des opérations de déstabilisation", rapporte-t-il en outre. En vue de sécuriser la capitale, les ex-rebelles de la Séléka assimilés aux forces de défense et de sécurité mènent des opérations dites de démantèlement de caches d'armes qui ont été marquées par l'assassinat dimanche de l'ex-aide de camp de Bozizé, Tanguy Touaboy, par ces hommes en armes, un drame considéré par M. Kodégué comme "un dommage collatéral" des actions évoquées.


