Centrafrique : Une mosquée détruite par des jeunes en colère après le massacre de chrétiens par les ex-Séléka

Afriquinfos Editeur
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"Dimanche passé, il y a eu un match de football entre les Séléka et les anti-Balaka. Les anti-Balaka n'ont pas apprécié l'initiative, ils sont venus attaquer les jeunes de la paroisse Notre Dame de Fatima où 7.000 personnes se sont réfugiées depuis 2013. Depuis lors, l'on constate des accrochages entre les anti-Balaka et les Séléka", relate l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga.

L'attaque des ex-rebelles Séléka mercredi fait suite à l'introduction de "deux à trois anti-Balaka" dans la paroisse, précise-t-il en outre. "Les Séléka les ont suivis et puis ont commencé à tirer sur la foule. Il y a des enfants, des femmes, des vieillards et même des jeunes tués. Le bilan évolue au fil du temps. A l'heure actuelle, on est rendu à une vingtaine de morts".

Ce bilan qui pourrait encore s'alourdir, aurait pu être moins lourd si les secours étaient arrivés plus vite, regrette le prélat. "Les ambulances ne venaient pas. Les premiers secours sont arrivés une heure et demie après. Les victimes étaient transportées d'un hôpital à un autre et certaines d'entre elles sont mortes à cause de cette lenteur des secours".

Tous les 7.000 déplacés de la paroisse ont dû prendre la fuite. "Au jour d'aujourd'hui, il n'y a plus personne. Même les voisins du quartier ont fui. J'ai sillonné le quartier, c'est désert. Bangui elle-même aussi est devenue une ville morte. Les jeunes en colère ont érigé des barricades partout", détaille encore Mgr. Nzapalainga.

La ville de Bangui avait pourtant commencé à connaître une relative accalmie depuis le départ pour le nord des ex-Séléka, cible des attaques des milices anti-Balaka (anti-machettes), après la démission en janvier, sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France, de leur leader Michel Djotodia, porté au pouvoir le 24 mars 2013 au terme de trois mois de conflit avec le régime de François Bozizé.