A cause des affrontements survenus le 5 décembre entre les ex- rebelles de la coalition Séléka au pouvoir et les groups d'autodéfense villageois "anti-Balakas" (anti-machettes), la capitale centrafricaine s'est encore vidée de ses habitants. Au centre de santé de Guitangola (sud-ouest) par exemple, plus de 2.000 personnes vivent sans abri ni assistance sanitaire, a confié vendredi à Xinhua le chef du centre de santé Barnabé Malitovo.
"Nous sommes dépassés par cet afflux. Nous manquons de médicaments, de nourriture et la capacité d'accueil ne peut supporter ces milliers de personnes qui viennent de partout", a affirmé le responsable sanitaire. Le président de la Croix-Rouge centrafricaine Antoine Mbao Bogo a déclaré à Xinhua que ses agents ont enterré des centaines de morts dans des fosses communes, sans donner de précision de chiffre, se contentant de mentionner que "nous n'avons pas les moyens de tout capitaliser et nous nous réservons de communiquer le bilan que nous avons à la presse, le moment est très sensible".
Les violences qui opposent chrétiens et musulmans persistent malgré la présence de l'armée française et des forces d'Afrique centrale. Les affrontements se sont intensifiés avec le désarmement forcé des groupes armés et des milices entrepris par l'armée française.
Depuis le lancement de ce désarmement lundi à Bangui, des dizaines d'ex-rebelles et de musulmans ont été tués. Deux soldats français sont aussi morts dans un accrochage violent avec des hommes armés dans un quartier populaire de la ville. La tension qui est montée vitement n'a commencé à baisser timidement que jeudi.
Les activités peinent toujours à reprendre. Quelques centres commerciaux et le marché central de la capitale ont ouvert leurs portes vendredi ainsi que la banque commerciale Commercial Bank de Centrafrique (CBC). La circulation reste limitée, les taxis et bus font une reprise timide par crainte de nouvelles attaques.



