Cancer : Le Congo veut se doter d’un plan stratégique visant à réduire la mortalité

Afriquinfos Editeur
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Cette déclaration a été faite lundi à Brazzaville par le ministre congolais de la Santé et de la Population, François Ibovi, à l'occasion d'un focus organisé dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le cancer, placée cette année sous le thème "Le cancer, le saviez-vous ?"

Outre le plan national intégré 2012-2016, le président congolais Denis Sassou-N'guesso doit prendre des mesures vigoureuses pour le renforcement des mécanismes de lutte contre le cancer, parmi lesquels la vaccination pour tous contre l'hépatite B et le virus Papilloma (HPV), relève-t-on dans la déclaration.

De même, le dépistage organisé et/ou individuel en vue d'un diagnostic précoce, l'accessibilité des patients au traitement, la sensibilisation de la population sur le cancer et ses complications et la mise en place d'un centre équipé de nouvelles technologies de lutte contre le cancer, figurent au nombre des dispositions que le chef de l'Etat congolais doit prendre afin d' atteindre les objectifs fixés par le gouvernement dans la réduction de cette maladie.

A cet effet, M. Ibovi a exhorté les Congolais à la prévention permettant de réduire la fréquence des cancers primitifs du foie et du col de l'utérus, et au dépistage précoce qui favorise les chances de guérison.

"Plus le diagnostic est posé tôt, moins les traitements du cancer sont lourds, offrant aux patients la possibilité de bénéficier d'un traitement à moindre coût, avec des bons "a-t-il signifié.

Selon les enquêtes réalisées en 1998 et 2009, 6.042 cas de cancers, avec une moyenne de 90 nouveaux cas par an ont été enregistrés à Brazzaville, a rappelé le ministre Ibovi, faisant remarquer que ce chiffre pourrait être revu à la hausse, car tous les cas ne sont pas toujours notifiés au motif que certains facteurs à l'origine restent encore mal connus.

Le tabagisme est responsable de près de 90% des cancers du poumon, et la cause d'un cancer sur trois, a averti le ministre de la santé, ajuoutant que l'alcool est responsable de près de 16% des décès causés par cette maladie.

Dans sa déclaration, le gouvernement encourage la population à avoir une alimentation équilibrée et diversifiée riche en fruits et légumes pour s'en prévenir.

L'absence de l'activité physique régulière, la surexposition aux rayons ultraviolets, le tabagisme passif et la pollution atmosphérique sont également responsables de nombreux cancers, a-t- on appris.

La déclaration précise, en outre, que le cancer n'est pas un produit de la sorcellerie ou de la magie noire. C'est une maladie qui se caractérise par une multiplication anarchique et incontrôlée de cellules anormales dans n'importe quel organe du corps humain qui occasionnent une croissance disproportionnée des tissus, pouvant conduire à la mort.

Intervenaant à cette occasion, un spécialiste, le Pr Jean Bernard Nkoua-Mbon, a expliqué que sur environ la centaine de cas enregistrés, les trois quarts sont signalés au stade avancé de la maladie.

Ainsi, il a souhaité que le gouvernement engage une réflexion sur la gratuité du traitement; estimant que la prise en charge et les coûts de traitement sont chers pour un salaire moyen du Congolais fixé à 100.000 FCFA (200 USD).

En 2011, 509 cas de cancer ont été dépistés à Brazzaville avec un taux de mortalité de 142 cas.