CAN 2025 : La FIFA décale la date de libération des joueurs et enflamme l’Afrique

Afriquinfos Editeur
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(DR, Pouvoirs d'Afrique)

Rabat (© 2025 Afriquinfos)- Alors que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 débute le 21 décembre, les joueurs africains évoluant dans les clubs européens notamment, ne pourront rejoindre leurs sélections que le 15 décembre, soit une semaine avant le début de la compétition. Une situation que n’apprécie pas vraiment les sélectionneurs africains qui parlent d’un manque de respect pour la plus grande compétition du continent.

Alors que le règlement imposait une mise à disposition des joueurs africains convoqués pour la CAN 2025 dès le 8 décembre, la FIFA a accordé une dérogation permettant aux clubs de les conserver jusqu’au 15 décembre. L’instance faitière a en effet cédé à la pression des clubs qui ont fait le forcing pour pouvoir garder leurs stars le plus longtemps possible à leur disposition.

Certaines sélections voient ainsi leur préparation réduite d’une semaine, car n’ayant pas leur effectif au complet. Les sélectionneurs africains ne cachent pas leur incompréhension et leur colère.  

Cette décision de la FIFA met à mal les stages de préparation de nombre d’équipes ainsi que les matchs amicaux. Les fonds engagés par les fédérations pour payer les frais d’hôtel, de transport ou encore de locations d’infrastructures avancées, sont également perdus. Au grand dam des encadrements des sélections africaines.

 « C’est un manque de respect par rapport aux sélectionneurs. Nous sommes en colère », lâche Gernot Rohr, sélectionneur des Guépards du Bénin. « Si les joueurs ne sont libérés que le 15, nous n’aurons que trois entraînements avant de partir pour Marrakech quatre jours avant notre premier match. Trois séances, ce n’est plus un stage, mais juste du bricolage ! Et je trouve que pour préparer une Coupe d’Afrique des Nations, c’est dramatique », regrette Patrice Beaumelle, son homologue de l’Angola.

Patrick Julliard, journaliste sportif, spécialiste de la CAN s’insurge lui aussi : « Comment imaginer les équipes maintenir leur préparation si elle se retrouvent avec des demis ou tiers d’effectifs…Au-delà du préjudice sportif, c’est la gestion budgétaire des Fédérations africaines, souvent déjà fragiles, qui est brutalement mise à mal. Ils n’ont plus le temps pour travailler vraiment. À chaque fenêtre, il faut préparer prioritairement les deux matches et ne pas se rater. Ces dix jours-là étaient donc vraiment précieux. Là, ils ne vont avoir qu’un ersatz ridicule de préparation. »

« On déplace une CAN que le Maroc voulait organiser en été. Et désormais, on découvre que les équipes participantes auront une préparation quasi inexistante. C’est une double peine et c’est navrant », poursuit Patrick Juillard. Une fois de plus, c’est la Can qui paie le prix des ajustements du calendrier du football mondial. Il va falloir que la CAF montre un peu plus de muscles pour faire respecter sa compétition phare, ses acteurs ainsi que le public sportif africain.

Boniface T.