Nouakchott (© 2026 Afriquinfos)- Les autorités mauritaniennes ont fermement démenti les affirmations du Mali selon lesquelles des otages maliens seraient détenus par le JNIM sur le territoire mauritanien et se seraient échappés du camp de réfugiés de M’Berra. Nouakchott dénonce des allégations infondées et appelle au dialogue diplomatique.
Une tension diplomatique inattendue s’est invitée dans les relations entre la Mauritanie et la Mali. Dans un communiqué rendu public ce lundi 16 mars, le gouvernement a exprimé sa vive surprise et sa ferme condamnation face aux accusations formulées par l’état-major général des Forces armées maliennes (FaMa), qui ont affirmé que des militaires maliens détenus par des groupes terroristes auraient réussi à s’échapper d’un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien.
Une allégation que les autorités de Nouakchott jugent « totalement infondée » et « profondément offensante », dénonçant une déclaration formulée sans preuve et en dehors des canaux diplomatiques habituels.
Dans un communiqué publié par le Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur, le gouvernement affirme avoir pris connaissance « avec stupéfaction et indignation » du communiqué émis par l’état-major des FaMa.
Selon la version malienne, des militaires capturés par des groupes armés auraient réussi à s’évader d’un camp de réfugiés situé en Mauritanie. Nouakchott rejette catégoriquement cette version des faits, estimant que de telles accusations portent atteinte à l’image du pays et à son engagement constant en faveur de la stabilité régionale.
Pour les autorités, la démarche malienne constitue une « accusation grave », d’autant plus qu’elle n’a été précédée ni d’une vérification ni d’une consultation diplomatique préalable.
La déclaration officielle rappelle que le Camp de réfugiés de M’Berra accueille des dizaines de milliers de réfugiés maliens et d’autres nationalités depuis près de trois décennies.
Le site est placé sous la supervision permanente du Haut‑Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que de nombreuses organisations humanitaires internationales et ONG indépendantes.
Les autorités mauritaniennes soulignent que ces structures disposent d’un accès permanent au camp, assurant un suivi quotidien des conditions de sécurité et de vie des réfugiés. Le camp a d’ailleurs fait l’objet de visites officielles de membres du gouvernement malien, accompagnées par des représentants des médias, visites au cours desquelles les responsables maliens auraient salué le professionnalisme des services mauritaniens et l’hospitalité des populations locales.
Dans ce contexte, Nouakchott estime que suggérer la présence de groupes terroristes dans l’enceinte du camp relève d’une accusation particulièrement grave, incompatible avec les mécanismes de surveillance et de contrôle en place.
Au-delà de la polémique, la Mauritanie rappelle la profondeur historique et humaine des relations entre les deux pays voisins. La frontière commune, longue et poreuse, relie des populations partageant souvent des liens familiaux, commerciaux et culturels.
Depuis l’éclatement de la crise sécuritaire au Mali en 2012, la Mauritanie s’est positionnée comme un acteur clé de l’accueil humanitaire et de la stabilisation régionale, en ouvrant son territoire à des dizaines de milliers de déplacés fuyant les violences dans le nord et le centre du Mali.
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