Cameroun/La rue peut faire partir Paul Biya selon des analystes

Afriquinfos Editeur
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«C’est la rue qui fera plier Biya et rien d’autre. Le peuple camerounais est devenu spectateur des gens qui se battent.» C’est ce que pense la journaliste Henriette Ekwè de la situation de son pays.

Pour elle, «seule la puissance invisible de l’engagement des masses» peut faire vaciller tout système autocratique.

En prenant l’exemple sur l’alternance au Burkina-Faso où Blaise Comparoé a été renversé par la mobilisation du peuple Burkinabé il y a moins d’un mois, cette leader d’opinion trouve qu’il est important que les Camerounais s’arment mentalement pour se positionner, chacun à son niveau, comme acteur potentiel de la chute du régime de Yaoundé.

Le Dr Mathias-Eric Nguini va dans le même sens en soutenant que, «ce n’est pas une fatalité». Pour lui, le combat est dur. Mais tout est possible si les forces s’organisent pour transcender leurs contradictions superficielles et leurs divergences personnelles. De nouvelles alliances entre les partis politiques, la société civile et les bases populaires doivent s’établir. Il faut que les gens dialoguent pour voir leurs points de divergences ou de convergences. On construit la lutte pour une véritable démocratie et le panafricanisme avec les contraintes que chaque acteur avance.»

 

Jean-Baptiste Sipa, journaliste et militant de la société civile, dénonce de son côté l’instrumentalisation des fonctionnaires et des chefs traditionnels par le régime de Yaoundé depuis des décennies. Un discours que partage Cabral Libii quand, il développe «une synergie d’action et d’association entre les organisations de la société civile(Osc), les formations politiques et les forces progressistes en vue d’un changement structurant du système politique» au Cameroun. Pour rendre cette mobilisation optimale, l’intervenant recommande aux leaders politiques une démarche qui pourrait faire renaître la confiance chez les citoyens.

 Pour sa part, Anicet Ekanè, membre du bureau politique du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), trouve que l’opposition camerounaise a failli dans les années 1990-1992 parce que le leadership était porté par une personne peu correcte.

C’est dans le cadre de son plan d’action, dans son volet construction de la démocratie à partir des problématiques locales, que le groupe Samory a organisé une conférence-débat le mercredi 19 novembre 2014 à Douala sous le thème : «réinventer la politique et la citoyenneté: quels rôles pour les mouvements sociaux?»

La répression et la violence réelles ou symboliques sont ses armes de prédilection du pouvoir ». Une réalité négative qui, selon le responsable du groupe Samory, mérite d’être déconstruite pour le bien de tous.

LARISSA AGBENOU