Cameroun : Vers la résolution des problèmes d’eau à Douala

Afriquinfos Editeur
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"Un programme baptisé 'Ayatto I' nous a permis de produire 75,000 m³ d'eau par jour. La deuxième phase d'Ayatto est en cours. Nous pensons que d'ici l'année prochaine, au plus tard dans 18 mois, les travaux seront achevés et nous permettront de produire 300.000 m³ d'eau par jour à Douala", a fait savoir le ministre. Si à l'heure actuelle les populations de Douala ont des difficultés d'accès à l'eau, c'est parce que la phase II d'Ayatto n'est pas encore achevée et aussi les deux stations à Japoma et à Massombou sont en cours de réhabilitation, a expliqué M. Atangana Kouna. "Lorsque les travaux de réhabilitation seront achevés et les deux phases d'Ayatto mises en service, c'est-à-dire d'ici deux ans au plus tard, il n'y aura plus de problème d'eau à Douala, et ceci au moins jusqu'en 2025", a promis le ministre.

Pour Xiao Xinsheng, directeur général de la société chinoise CGC Overseas Construction Group Co. Ltd (CGCOC), entrepreneur des travaux d'alimentation d'eau à Douala (couramment appelés "Ayatto I" et "Ayatto II", en référence au nom du site de l'usine) financés par l'Exim Bank de Chine, la priorité top agenda est d'achever les ouvrages d'Ayatto II dans les délais. "Nous avons achevé la première phase en 12 mois en respectant les délais. Pour la deuxième phase, à mi-parcours de la durée d'exécution, les travaux sont accomplis à 85%. Face à l'urgence des besoins des populations, un bon entrepreneur s'emploie à avancer vite au lieu de se permettre un scénario de retard", a expliqué M. Xiao à Xinhua.  

 Non loin de l'usine d'eau à Ayatto, à 500 m en amont du pont, se construit une unité de pompage en forme circulaire, jumelle et voisine à celle de la première phase. Elle capte déjà l'eau au bord de la rive du fleuve Moungo. Conduite à l'intérieur de l'usine, l'eau brute suit le processus des réactions de coagulation de floculation, ainsi que de décantation et de filtration, dans deux stations de traitement pour éliminer des matières en suspension et d'autres impuretés. Plus grande que sa "soeur aînée", la station de la phase II comporte deux unités ayant chacune une capacité de production de 50.000 m³/j.

 A partir des stations de traitement, 175.000 m³/d'eau potable seront transférés le long d'une conduite souterraine d'environ 21,2 km avant d'arriver dans le réseau de distribution.    

"Actuellement, nous sommes proches de la victoire. Mais les quelques pas encore à franchir sont les plus durs. Il faut construire un pont de tuyaux pour que l'eau puisse traverser le Wouri (le fleuve qui coupe Douala en deux). Notre plateforme flottant dans le fleuve a déjà 'planté' tous les potaux du pont dans l'eau. A l'autre rive du fleuve, le grand tour de distribution, où l'eau sera stockée avant d'entrer dans le réseau, est aussi en construction. Nous travaillons jour et nuit", ajoute M. Xiao. Ainsi, une fois Ayatto I et II achevées et avec les deux stations réhabilitées, les habitants de Douala n'auront plus de souci d'eau. "La population de Douala, recensée à 1,8 millions d'habitants jusqu'à la fin de l'an 2007, atteindra 2,7 millions en 2020, si on prend en compte un taux de croissance annuelle démographique de 3,3%. Calculée selon la norme internationale des besoins de 100 litres par jour par personne, la consommation globale maximale en eau potable de la ville sera de 270.000 m³/j, inférieure à la production qui se situerait à 300.000 m³/j", a-t-il expliqué.

Selon le ministre de l'Eau et de l'Energie, d'autres villes du Cameroun connaîtront également une amélioration dans l'alimentation en eau. Le gouvernement camerounais a récemment signé un accord-cadre avec le gouvernement chinois pour un projet d'adduction d'eau de Sangmélina (Sud), Bamenda (Nord-Ouest), Kribi (Sud) et Bafoussam (Ouest). Un autre accord similaire est prévu plus tard, pour les villes de Dschang (Ouest), Yabassi (Littoral), Garoua (Nord), Maroua (Extrême-Nord) et Garoua-Boulaï (Est). "Nous attendons la signature imminente de la convention de prêt. C'est un prêt concessionnel, sans fonds de contrepartie. Donc, ça va nous permettre d'aller vite. Dès lors que la convention de prêt sera signée, nous allons poser la première pierre. D'ici la fin de l'année, le travaux pourront commencer", a déclaré M. Atangana Kouna, tout en réaffirmant la gratitude des autorités camerounaise vis-à-vis de la coopération avec la Chine, notamment dans le secteur de l'eau et de l'énergie.

 Sur la perspective des futurs travaux qui seront confiés à CGCOC, le ministre souhaite que l'entreprise chinoise continue sur la bonne voie pour poursuivre ses résultats remarquables.

"Quand vous voyez l'adduction d'eau d'Ayatto, elle est très moderne. Nous avons vraiment beaucoup apprécié le travail remarquable qui a été fait par l'entreprise chinoise CGCOC. Nous espérons qu'ils travailleront aussi bien pour les autres villes", a-t-il souligné.