A ce jour, c'est le silence radio à Yaoundé du côté de la société GeoCam, filiale de la multinationale américaine Goevic, actionnaire principal du consortium agréé, avec 39,5% de parts à l'Etat camerounais, pour l'extraction des minerais combinés de cobalt, de nickel et de manganèse de Nkamouna (Est), officiellement prévue dès juin 2014.
"L'Etat a déjà mis 20 milliards de francs (CFA, soit environ 40 millions USD). On ne voit pas ce qui a été fait avec cet argent. Dans le même temps, Goevic lève d'importants fonds sur les marchés boursiers internationaux, sans que l'on sache l'utilisation qui en est faite", peste une source du comité gouvernemental de suivi des projets miniers et industriels contactée par Xinhua.
Cet organe piloté par le ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, Emmanuel Bondé, a exprimé le mécontentement des autorités suprêmes du pays aux dirigeants de GeoCam lors d'une réunion tenue très récente au cours de laquelle l'option de recours à un nouveau partenaire, annonce-t-on.
Qualifié d'"unique au monde" par les investisseurs américains eux-mêmes, le gisement de cobalt-nickel-manganèse de Nkamouna doit produire 15.000 tonnes annuelles de cobalt-nickel associé au sulfite précipité, à raison de 39,5% de cobalt et 24,5% de nickel, et 30.000 mètres cubes de manganèse de carbonate sur une durée de 23 ans, d' après Philip R. Mason, directeur général de GeoCam, lors d'une présentation publique en avril 2011 à Yaoundé.
Le responsable américain avait à cette occasion annoncé le début de construction de la mine fin septembre de la même année, après le bouclage des financements chiffrés à 807 millions USD. "Nous confirmons que la première mine industrielle du Cameroun sera construite à Nkamouna dans les normes internationales les plus élevées", avait-il promis.
Selon lui, le gisement qui couvre une superficie de 1.250 km2 répartie en sept zones minérales, renferme "la plus grande ressource de cobalt primaire dans le monde". "Nous pouvons récupérer, ajoutait-il, jusqu'à 75% de minerai, parce que la teneur est très élevée".
Mais, plus d'un an après, les financements promis continuent d'attendre d'être communiqués et le pouvoir camerounais, qui avoue avoir perdu patience, accule GeoCam à s'adjoindre d'autres investisseurs pour une mobilisation rapide des ressources requises pour l'opérationnalisation d'un des projets industriels phares de l'économie nationale.


