Cameroun : Plus de 12.500 groupes d’initiative communautaire recensés et à transformer en coopératives

Afriquinfos Editeur
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« Depuis plusieurs années, l'activité agricole est soutenue et réalisée par les organisations de producteurs ou organisations paysannes. Ce n'est pas uniquement réservé aux pays pauvres », a indiqué lors d'une conférence de presse le ministre Essimi Menye dans le sillage de la Journée internationale des coopératives que le Cameroun commémore en différé par rapport à la date officielle fixée au 6 juillet.

Si par exemple 30% de lait consommé aux Etats-Unis sont produits par les organisations paysannes (OP) et que le Canada et la France sont les pays ayant les meilleurs de ces regroupements, le Cameroun en revanche foisonne de groupes d'initiative communautaire (Gics) dont la « présence en surnombre n'est pas matérialisée par une production significative », a-t-il regretté.

Ce pays d'Afrique centrale a pourtant connu depuis l'indépendance en 1960 jusqu'à la crise économique mondiale des années 1980 a qui en entraîné une désagrégation de l'économie nationale accentuée par le désengagement forcé de l'Etat du secteur producteur pour cause de programmes d'ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, « un mouvement coopératif très actif. Ce qui a permis d'organiser l'activité du cacao, du café, du coton ».

« Le mouvement s'est aplati. Il y a quelques coopératives qui existent encore, mais elles sont en nombre insuffisant », a mentionné le ministre de l'Agriculture et du Développement rural qui a souligné la nécessité de mettre en place des coopératives organisées pour pouvoir relever le défi de la sécurité alimentaire et de l'accélération de la croissance économique nationale.

Car, les coopératives sont les structures de production ayant le mieux résisté à la récente crise économique de 2008-2009 qui continue de secouer le monde avec ses répercussions. Bien plus, elles ont connu une croissance forte. D'où la célébration de la 19e Journée internationale des coopératives samedi sous le thème « la coopérative, une entreprise qui reste forte en temps de crise ».

Le ministère de l'Agriculture et du Développement rural annonce la mise en oeuvre dès cette année d'un programme de redynamisation du mouvement coopératif devant permettre « la transformation des organisations actuelles (les Gics en l'occurrence, NDLR) vers les coopératives », chargées de jouer un rôle d'animateurs de la chaîne des valeurs.

Les quelques coopératives actuellement recensées mais sans précision de chiffre reçoivent des financements publics et internationaux (de la part des bailleurs de fonds) dont le volume reste aussi inconnu. Parmi elles, figure par exemple la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC- C) qui a fait état récemment à Xinhua de dettes cumulées de plus de 2 milliards de francs CFA (4 millions de dollars américains).