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Depuis l'indépendance en 1960, les deux régimes politiques successifs d'Ahmadou Ahidjo et de Paul Biya (depuis 1982), excepté pour le pétrole exploité depuis des décennies, ont mis en veilleuse cette activité, ce qui a plutôt permis à l'informel de prospérer, qui ravitaille pour la plupart des circuits d'achat animés par des clients de nationalités étrangères, en l'occurrence des fabricants de bijoux originaires de l'Afrique de l'Ouest.
"Le Cameroun dispose d'importantes ressources minières très peu exploitées", observe alors le directeur des mines et de la géologie au ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, Maurice Mouafo, qui précise que "l'essentiel de l'activité minière solide, outre les carrières pour matériaux de construction, se cantonne plus ou moins dans le secteur informel de la mine artisanale".
En clair, "aucune exploitation industrielle du substance minérale concessible n'a pas encore vu le jour au Cameroun". A la faible diffusion du potentiel géologique existant, s'ajoute l'insuffisance des données géologiques et minérales y compris l'absence de couverture complète et fiable en prospection géochimique stratégique et alluvionnaire, poursuit le responsable.
A ce jour, 5 permis d'exploitation et 167 permis de recherche ont été délivrés par les autorités de Yaoundé. Parmi les permis miniers, deux portent sur l'exploitation de gisements de nickel-cobalt et diamant, et trois pour le calcaire et le marbre.
Le premier, octroyé pour un projet de mise en valeur de cobalt-nickel-manganèse dans l'Est du pays à GeoCam, filiale du groupe américain Geovic, date de 2003. Sur la base des prévisions, l'entrée en service de la mine prévue en juin 2014 pour une durée de vie de 23 ans devrait permettre à cette entreprise de devenir, selon les propres déclarations de ses dirigeants, "le plus grand producteur de cobalt primaire dans le monde".
Les projections de ce gisement de 54,7 millions de tonnes de minerai qualifié d''unique au monde' annoncent une production annuelle 15.000 tonnes de cobalt-nickel associé au sulfite précipité, soit 39,5% de cobalt, 24,5% de nickel, et 30.000 mètres cubes de manganèse de carbonate, sur une superficie de 1,250 km2 répartie en sept zones minérales et pour un investissement chiffré à 807 millions USD.
La mobilisation de ces fonds avait été fixée avant fin septembre 2011 et le lancement de la construction de la mine immédiatement après, mais jusqu'à ce jour aucune de ces deux opérations n'est effectuée et aucune information n'est fournie.
C'est aussi le statu quo à propos de la mise en chantier attendue du gisement de diamant de Mobilong (toujours dans l'Est), objet d'un permis d'exploitation délivré en 2010 à la société sud-coréenne C&K Mining. Au lendemain de l'octroi de ce permis, un scandale politique a éclaté à Séoul, suite à la révélation d'informations faisant état d'une surévaluation du gisement.
Initialement estimé à 740 millions de carats, ce gisement avait aussi été salué comme le plus important au monde. Au Yaoundé, les autorités minimisent la tempête observée en Corée et s'emploient au contraire à rassurer sur le début de la construction de la mine « dans les prochains mois".
Dans son exposé lors du forum minier tenu du 29 au 31 mai dans la capitale avec le concours de la Banque mondiale et la participation d'experts internationaux, sous le thème "Enjeux et opportunités du développement minier au Cameroun : le défi de la gouvernance", le directeur des mines et de la géologie du ministère des Mines s'est contenté d'une simple allusion au "projet de diamant de Yokadouma", sans donner de détails sur le potentiel à exploiter.
"Pour accélérer l'industrialisation, le pays compte intensifier l'exploration, l'exploitation et la transformation desdites ressources, en attirant dans ces activités à haute intensité capitalistique et technologique les investisseurs. La contribution du secteur minier (hors pétrole) dans le PIB reste encore marginale (moins de 1%)", relève-t-il cependant.
Sur un total de vingt-deux déclarées, seulement une dizaine de sociétés minières sont annoncées actives, pour des productions de 12 à 13 tonnes de minerai par mois, soit un chiffre d'affaires de 300 millions de francs CFA (600.000 USD) pour chacune, note le coordonnateur du Cadre d'appui à la promotion de l'artisanat minier (CAPAM, opérateur du ministère des Mines), Paul Ntep Gwet.


