Premier pays d'Afrique subsaharienne à avoir accueilli pourtant une ambassade canadienne en 1962, le Cameroun, tout en étant son premier client et son deuxième fournisseur en Afrique centrale, reste une destination commerciale marginale du Canada. En 2011, les exportations canadiennes s'établissaient à 27 millions USD, en baisse de 8,5% par rapport à 2010, révèlent des sources officielles.
Certes en hausse de 21,5%, les importations quant à elles sont estimées à 7,5 millions USD. "Nos relations économiques ne sont peut-être pas au niveau où elles devraient être, notamment par rapport à la qualité (excellente) des relations diplomatiques", a relevé à la presse lundi le ministre camerounais des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo.
Du Canada, le Cameroun importe des locomotives, des machines et pièce à usage industriel, du blé, de la volaille, du papier et du plastique, apprend-on. Pour les exportations, elles comprennent le cacao, le bois, le café et le caoutchouc. "Les entreprises canadiennes (dans le pays, ndlr) sont principalement actives dans le secteur de l'éducation, des infrastructures, des mines et de l'énergie", note-t-on au ministère des Relations extérieures.
Pour l'ambassadeur du Canada au Cameroun, Benoît Pierre Lamarée, les acquis dans le secteur de l'éducation se caractérisent par la construction de collèges d'enseignement général et de lycées d'enseignement technique et professionnel, un investissement pour la formation de ressources humaines de qualité "important pour un pays qui veut atteindre l'émergence".
Autre domaine plus porteur en plus également de la gouvernance, le secteur forestier a bénéficié de la contribution du Canada pour l'inventaire de 14 millions d'hectares de forêts, premier pourvoyeur de recettes d'exportation hors pétrole, a en outre précisé le diplomate.
Il juge les perspectives plus prometteuses avec le lancement par les autorités de Yaoundé d' une série de grands projets d' investissement, considérés comme "un immense potentiel pour les investisseurs canadiens".
Déjà en 2009, le Cameroun a signé un protocole d' accord avec le groupe canadien Rio Tinto Alcan pour la construction d' une aluminerie, de deux centrales hydroélectriques et d' un terminal d' aluminium à Kribi (Sud, dans le port en eau profonde en construction avec l' aide de la Chine) pour un investissement total de près de 9 milliards USD. En marge du cinquantenaire des relations diplomatiques, des délégations canadiennes de haut niveau pour des missions économiques et politiques sont annoncées au Cameroun entre ce mois et octobre.


