"En faisant des conseillers municipaux dont le mandat a expiré depuis juin 2012, et prorogé à deux reprises, le collège électoral des sénateurs, le président de la République prive les citoyens camerounais de leur droit à la participation effective aux processus démocratiques stipulé par l'article 3 (7) de la Charte de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l'Union africaine qui s'impose à notre pays", a déclaré Maurice Kamto.
Le peuple camerounais participe indirectement au scrutin sénatorial à travers le choix des conseilles municipaux (et régionaux) qui forment le collège électoral.
Selon Maurice Kamto, ancien ministre délégué auprès de la Justice, "il ne fait aucun doute que le président de la République prépare un Sénat unicolore et monolithique, un Sénat tout aux couleurs de son parti".
Les conseillers municipaux actuels ne tiennent plus leur mandat du suffrage universel, mais des décrets présidentiels successifs qui ont déjà prorogé leur mandat de 12 mois, soit jusqu'au 30 juillet 2013.
"Ils n'ont plus une légitimité issue du suffrage universel, mais une légitimité décrétale. Or, c'est en vertu de leur propre légitimité populaire que les conseillers municipaux peuvent conférer une légitimité démocratique aux sénateurs", a expliqué le président du MRC.
Le calendrier électoral tel qu'agencé exclut d'office de ce scrutin sénatorial les partis politiques qui n'ont pas de conseillers municipaux.
Face à ce qu'il considère comme de "manoeuvres grossières", Maurice Kamto a réitéré son appel pressant aux populations d'exprimer leur rejet de cette décision.
Le président camerounais Paul Biya a signé le 27 février un décret convoquant les premières élections sénatoriales de l'histoire de ce pays de l'Afrique centrale le 14 avril 2013, pour consacrer l'entrée en vigueur de cette seconde chambre du Parlement prévue par la Constitution du 18 janvier 1996.
Les 10.636 conseillers municipaux issus de 360 communes vont élire 70 sénateurs à raison de 7 par région, qui s'ajouteront aux 30 autres que le président de la République nommera, conformément à la Loi fondamentale.
Pour avoir inscrit 4,5 millions d'électeurs sur les 7 millions escomptés, la clôture des inscriptions, initialement fixée au 28 février, a été reportée au 29 mars.


