C’est un événement majeur qu’est celui de l’arrêt brutal du projet de plantation de 267 650 millions d’euros au sud-ouest du Cameroun. Pour Greenpeace et Oakland Institute ce projet est l’emblème de la main mise d’investisseurs américains sur les terres africaines et de l’exploitation massive d’huile au détriment de l’environnement et des populations locales.
L’accaparement est une chose, il semblerait également que ce projet soit illégal d’après les ONG puisque des campagnes d’intimidation et de corruption auraient été menées contre des paysans réticents à quitter leurs terres : « On assiste à une ruée d’investisseurs qui veulent faire de l’argent très vite, que ce soit de l’huile de palme ou en spéculant sur des terres ». Ces pratiques mises en place permettent d’élargir l’exploitation aux 70 000 ha prévus initialement. Un rapport du ministère camerounais des Forêts début mai fait le même constat.
Après l’aspect légal, les ONG dénoncent l’aspect environnemental autour des déboisements sauvages dans une zone où la biodiversité serait particulièrement riche : « C’est un projet situé sur un terrain qui relie cinq zones protégées, dont le parc national de Korup ». Ces abattages illégaux lui avaient valu une amende de 24,5 millions de francs CFA (37 350 euros) en 2012.
Herackle Farms a donc entrepris de suspendre ses activités au Cameroun et de mettre au chômage technique une partie de ses 690 employés locaux. L’entreprise a promis de faire cadeau des arbres abattus pour « plusieurs millions d’euros » au pays.
La société a montré son étonnement face à la décision dans un communiqué en affirmant s’être « toujours conformée à la réglementation gouvernementale en vigueur ». Cette suspension semble en tous cas être un bon signal à l’arrêt de projets étrangers ne respectant ni l’environnement ni les droits et moyens de subsistances des locaux.



