Contrairement à l'artisanat minier informel qui prospère depuis des décennies au profit des circuits d'achat clandestins dominés par une clientèle étrangère dont notamment des fabricants de bijoux originaires de l'Afrique de l'Ouest, l'exploitation minière à travers des circuits formels est naissance dans ce pays d'Afrique centrale.
En attendant le début attendu de la production industrielle sur laquelle les autorités fondent des espoirs pour accroître son apport, jusqu'ici limité à moins de 1%, au produit intérieur brut (PIB) et accélérer la croissance économique, c'est dans la mécanisation dite un peu plus poussée de la petite mine que les entreprises agréées opèrent.
Comme dans le domaine du pétrole et du gaz, il s'agit pour l'essentiel de compagnies étrangères avec pour certaines quelques rares joint-ventures avec des PME locales. Avec une prédominance sud-coréenne, des investisseurs chinois ou sud-africains se découvrent également dans le filon, principalement dans les régions de l'Est, du Sud, du Centre, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Adamaoua.
Bras séculier du ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, le Cadre d'appui à la promotion de l'artisanat minier (CAPAM) se positionne comme un acteur central dans ce processus, œuvrant à canaliser vers des circuits formels les minerais produits dans le cadre de l'activité artisanale qui déploie entre 40.000 et 50.000 artisans miniers, d'après les estimations.
"Le Cameroun, dans le cadre de l'artisanat minier simple, produit à peu près 178 kilogrammes d'or par mois et il faut ajouter à cela à peu près 50 kilos issus de ce qu'on appelle la mécanisation un peu plus poussée de l'artisanat minier", informe son coordonnateur, Paul Ntep Gwet.
Au forum minier tenue du 29 au 31 mai à Yaoundé avec le concours de la Banque mondiale, sous le thème "Enjeux et opportunités du développement minier au Cameroun : le défi de la gouvernance", les participants déplorent justement l'absence d'informations fiables sur l'exploitation minière dans le pays.
Couverte elle-même d'un halo d'opacité, l'administration a laissé la latitude aux sociétés agréées de déclarer leurs propres productionsn note-t-on.


