Cameroun : Des défenseurs des droits des personnes LGBTI font l’objet d’une série d’attaques

Afriquinfos Editeur
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Des attaques de nature homophobe ont été commises au mois de juin dans le bureau d’un avocat et dans les locaux d’associations défendant les droits de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre er intersexuée (LGBTI).

Le 1er juin, le siège du Réseau de défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) sis à Douala qui défend entre autres le droit des minorités sexuelles a été cambriolé. Les malfaiteurs qui sont entrés par effraction et ont embarqué avec eux des ordinateurs et des clés mémoire  contenant des informations confidentielles n’ont pas porté leur attention sur les objets de valeur, comme l’auraient fait des cambrioleurs « classiques ». La directrice exécutive du RHEDAC, Maximilienne Ngo Mbe, a reçu plusieurs fois des menaces de mort par SMS. Des personnes mal intentionnés et non identifiées ont tenté de kidnapper son fils à son école en avril dernier. Avant cela, en septembre 2012, des hommes vêtus de l’uniforme des forces de sécurité du pays ont enlevé puis violé sa nièce.  Toutes ces attaques, visant bien entendu à la déstabiliser et la dissuader de continuer son action en faveur de la communauté LGBTI.

Me Michel Togué est un avocat qui a accepté plusieurs fois la défense de personnes inculpées de « rapports sexuels avec une personne du même sexe », un délit au Cameroun. Pour cette raison, son bureau a été attaqué le 16 juin. Un ordinateur portable, des dossiers judiciaires confidentiels, des clés mémoire et le passeport de l’avocat ont été emportés. Les cambrioleurs, comme pour bien faire comprendre le pourquoi de leur présence, ont laissé une grosse d’argent bien mise en évidence dans un tiroir ouvert.  Me Togué, durant ces derniers mois, a été assailli de menaces de mort par SMS et email, certaines menaçant de s’attaquer à sa famille, ses enfants en particulier.  Cette situation plus qu’inconfortable a poussé la femme et les enfants de Me Togué à s’en aller du Cameroun pour s’exiler. Me Alice Nkom, elle aussi avocate de personnes LGBTI a reçu le même genre de menaces que son collègue.

Le matin du 26 juin, c’est avec horreur et désolation que le personnel de Alternatives-Cameroun a découvert qu’une bonne partie de leurs locaux avait été incendiée. Les auteurs de cet acte odieux ont visé le Centre Access, lieu où Alternatives-Cameroun effectue les tests de dépistage et les conseils pour le VIH et plaide pour l’égalité des droits. Des ordinateurs ainsi que des dossiers médicaux de patients venus pour leur test de dépistage du VIH ont été ravagés par les flammes.

Les défenseurs des minorités sexuelles ont porté plaintes pour toutes ces attaques, mais aucune suite n’y a été donnée. Au Cameroun, le ressentiment envers les homosexuels va des hauts sommets du gouvernement jusqu’à la population. Ainsi, les individus homophobes commettent des actes malveillants envers les homosexuels sans aucun risque de se faire rappeler à l’ordre par quelque moyen que ce soit, car ils sont protégés par les forces de sécurité, qui sont les plus impitoyables envers la communauté LGBTI.

En septembre 2009, le Cameroun avait rejeté toutes les recommandations qui lui avaient été faites concernant les droits humains des personnes LGBTI. En septembre 2013, le pays devra de nouveau répondre aux recommandations qui lui ont été faites le 1er mai dernier par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et par 7 autres pays, en faveur des droits des personnes LGBTI et de leurs défenseurs.