Cameroun : Le FMI confirme la progression de la croissance à 5,5% en 2013

Afriquinfos Editeur
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"Au vu de l'évolution récente de la situation macroéconomique, la croissance a été plus forte que prévu lors de la visite des services du FMI en novembre 2013. La croissance du PIB réel est estimée à 5,5% pour 2013 (contre 4,6% en 2012), grâce à un niveau soutenu des dépenses d'équipement et à une augmentation de la production pétrolière et de l'activité dans le secteur des services", souligne dans un communiqué la mission arrivée au Cameroun depuis le 24 avril.

Le gouvernement camerounais a lui-même corrigé les perspectives économiques nationales à travers une intervention du président du comité technique de suivi des programmes économiques, Justin Tchoffo, par ailleurs secrétaire général du ministère des Marchés publics, lors d'un séminaire de la Banque mondiale fin avril à Yaoundé.

Le responsable gouvernemental avait à l'occasion expliqué le réajustement annoncé par le rattrapage réussi par les services fiscaux en fin d'année, d'un retard d'environ 77 milliards de FCFA constaté en juin 2013 au niveau des impôts et taxes. D'où le nouvel objectif de 6% de croissance économique fixé pour 2014, selon lui.

Le FMI juge cependant que ce taux ne sera pas atteint et se maintiendra au même niveau qu'en 2013. "Pour 2014, le déficit budgétaire global devrait se situer à 5,5% du PIB, du fait de l'expansion continue du programme d'investissement public et des subventions aux carburants. Les perspectives budgétaires à moyen terme constituent un motif de préoccupation, car le déficit devrait se creuser à 5,7% du PIB en 2015 avant d'amorcer une baisse à moyen terme", souligne le communiqué parvenu à Xinhua.

La délégation, reçue ce même jeudi au palais présidentiel par le président Paul Biya, a réaffirmé son opposition aux subventions des carburants pour lesquels le coût "reste très élevé et écarte la possibilité d'autres dépenses qui pourraient promouvoir une croissance plus inclusive".

Elle s'est par ailleurs inquiétée d'une accumulation progressive de vulnérabilités en matière de dette, liée "pour largement à de récents emprunts non concessionnels". Ainsi, à en croire le gendarme de l'économie mondiale, "la dette publique (camerounaise) devrait grimper à près de 24% du PIB en 2014, puis atteindre 38% du PIB en 2019".