Le calvaire des vigiles à Bujumbura

Afriquinfos Editeur
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Confidence d’un étudiant : « Je suis donc devenu vigile uniquement pour payer le minerval ».

Uniforme sombre, bottine, ceinturon militaire, casquette et bâton de défense (communément appelé tonfa) à la main, le vigile passe plus de huit heures par jour planté devant un bureau, une entreprise ou un restaurant. Pour quelle rémunération ?  « Avec un an d’ancienneté, je touche 45 000 Fbu  (14 500 F CFA)», raconte un agent de sécurité.

La société prend en charge la totalité des frais de santé, mais cette règle n’est pas immuable. La société Vigiles burundais, une des plus anciennes de la capitale, ne prend en charge que les maladies nécessitant peu d’investissements. Pour les pathologies plus graves, l’agent doit se débrouiller. L’uniforme n’est pas donné. Pour un pantalon de type battle, une chemise et une casquette, il lui faut débourser 15 000 Fbu (4800 F CFA).

On dénombre une dizaine de sociétés de gardiennage dans le pays.

La plupart des vigiles n’ont pas de contrats. Ils ont de longues journées et doivent être irréprochables, vifs et énergiques. Au moindre écart, ils se voient privés d’une partie de leur salaire. Ils obéissent au doigt et à l’œil à leurs supérieurs qui, eux, se déplacent à moto ou, pour les rondes de contrôle, à bord de véhicules de service. Sans doute par peur, la plupart des vigiles refusent de divulguer leur identité.

Ils font tout : assurer la sécurité, certes, mais indiquer les parkings disponibles aux clients des restaurants et bureaux qu’ils surveillent. Ils doivent aussi veiller à ce que des badauds ne disparaissent avec les rétroviseurs des véhicules. En cas de vol, c’est le vigile qui casque.

Quelques filles, surtout des étudiantes, exercent le métier de vigile. Elles travaillent généralement dans la journée.