Comme partout dans le monde, les jeunes angoissentgénéralement à l’idée de leur premier rendez-vous galant. La culture locale imposant à la fille une extrême réserve face aux premières avances d’un homme, le recours à un intermédiaire s’impose.
Ce sera une tante ou un ami plus aguerri qui partira en éclaireur. On l’appelle umuresha, « celui qui séduit ». Il lui revient, avant les premières rencontres entre le garçon et sa jeune promise, de mener une enquête de moralité sur cette dernière, de réunir des informations sur ses racines familiales, son entourage immédiat et, à l’occasion, de vérifier si son cœur n’est pas déjà pris.
Les tractations peuvent commencer. Pour sceller la première rencontre, on offre quelques présents : une montre, une paire de chaussures, une chainette. Viennent les petites promenades en amoureux, suivies, quelques semaines plus tard, de fiançailles.
A cette étape, il est question de la dot à verser à la famille de la future épouse. Souvent en cash, elle varie d’une région à l’autre. Au nord-ouest, en plus d’une enveloppe variant entre 100.000 et 500.000 Fbu, (entre 35.000 et 172.000 F CFA) il faut offir un vélo. Dans le Kirimiro (au centre du pays), la dot est symbolique : moins de 100.000Fbu (35.000 F CFA). Dans le Mugamba, région montagneuse d'élevage de bovins, il faut compter entre une et trois vaches. Prix moyen d'une bête : 250.000Fbu (86.000 F CFA).
Le jour du paiement, la dot sera accompagnée de cruches de bière de banane, de paniers remplis de haricots, de maïs ou de petit-pois. Les deux familles en profitent pour faire connaissance, un lien scellé par de longs discours, avant de fixer le jour du mariage.
Les fiancés profiteront du laps de temps pour entamer une préparation religieuse à la nouvelle vie qui s'annonce. Ils prendront des cours de « vie en couple » pendant au-moins trois mois.
La veille du mariage à proprement parler, le fiancé devra rassembler tous les célibataires des environs pour leur dire, de façon solennelle et bien arrosée, un grand « au-revoir ». Il est désormais prêt à franchir le pas qui sépare la jeunesse de l’âge adulte.



