Pour Mme Inakabondo qui tenait un point de presse dans le cadre de la célébration des 10 ans d'existence du centre, le fait que le viol ne soit plus tabou au Burundi, a permis au centre Seruka d'offrir aux victimes une prise en charge médicale, psychosociale et juridique. Elle s'est dite heureuse de constater que 80% de ces victimes sollicitent une prise en charge médicale avant le délai légal de 72 heures, soit en moyenne 25 heures après l'agression.
Elle a fait remarquer qu'à l'heure actuelle, les violences sexuelles restent toujours une réalité au Burundi et persistent à faire beaucoup de victimes avec une moyenne mensuelle de 120 nouveaux cas. Malgré cet effectif qui stagne au niveau des statistiques, a-t-elle poursuivi, la communauté burundaise a marqué des progrès dans la perception du phénomène dans la mesure où elle a déjà pris conscience qu'être victime de violences sexuelles n'est pas une fatalité, mais un accident exigeant une urgence médicale.
Elle a remercié les décideurs politiques d'avoir contribué à la mise en place d'un code pénal prévoyant des sanctions pénales très lourdes dont la prison à vie pour les auteurs des violences sexuelles. Toutefois, a-t-elle fait remarquer, car le chemin reste encore long, car il se pose le défi pour une prise en charge effective des victimes des violences sexuelles dans les hôpitaux publics.
L'autre défi non moins important, a-t-elle affirmé, est l'accès des victimes à une réintégration communautaire à travers une réponse durable aux mécanismes de prise en charge et de prévention des violences sexuelles. Un autre défi majeur, a-t-elle fait remarquer, est que du côté de l'auteur des violences sexuelles, le Burundi ne dispose pas encore d'expertise médicale accompagné d'une identification de l'ADN de l'agresseur présumé en matière de viol.


