Milan-Cortina (© 2026 Afriquinfos)- Les Jeux d’hiver de Milan-Cortina ont officiellement clos le dimanche 22 février. Comme on pouvait s’y attendre, avec seulement 15 athlètes sur les 2900 participants, la moisson de médailles n’était pas au rendez-vous pour l’Afrique. Retour sur leurs performances sur les pistes italiennes.
Sur les 2900 athlètes qui participent aux Jeux de Milan-Cortina, seuls 15 représentent des pays africains. S’ils ne représentent que soit 0,5% athlètes présents en Italie, cette densité d’athlètes africains est inhabituelle. Depuis les Jeux de 1960, moins d’une centaine d’Africains, issus de 17 pays (sur 54) ont participé aux compétitions olympiques hivernales.
La plupart des sportifs africains présents en Italie sont nés ou ont grandi en Europe. Mais de plus en plus, leur présence ne surprend plus. Certains parmi eux, écrivent déjà l’histoire. C’est le cas pour la Malgache Mialitiana Clerc qui à 24 ans, a déjà une longue expérience olympique. À Cortina, elle est devenue la première femme africaine à participer à trois JO d’hiver. « En 2018 à PyeongChang, les gens n’en revenaient pas quand ils voyaient ma veste ou ma combinaison de Madagascar. Cette année, c’est moins le cas. Ils se sont peut-être habitués. » À Cortina, cette Savoyarde d’adoption est devenue la première femme africaine à participer à trois JO d’hiver. Pour cette édition, elle a fini à la 50e place du slalom géant.
Un autre athlète africain qui est devenu un habitué des JO d’hiver, c’est l’Erythréen Shannon Abeda, qui en est à sa troisième participation. L’athlète de 26 ans qui est né au Canada, n’a pas fait des étincelles à Bormio en Italie. Il a enfourché lors de la première manche du slalom, sous le déluge. Il a aussi pris la 69e et dernière place du géant remporté par Lucas Pinheiro Braathen. Cinq autres skieurs africains étaient au départ de cette course : le Marocain Pietro Tranchina (éliminé), le Kényan Issa Gachingiri Laborde Dit Pere (66e), Thomas Weir qui porte les couleurs de l’Afrique du Sud (63e), le Malgache Mathieu Gravier (57e) et le Béninois Nathan Tchibozo (48e).

Malgré ces résultats, les Ambassadeurs africains se réjouissent de l’impact ne serait-ce que de leur participation à ces Jeux d’hiver. Shannon Abeda se souvient de sa première participation aux JO de 2018 en Corée du Sud. « J’étais très nerveux, un peu timide. Je ne me rendais pas compte des répercussions que mon parcours aurait en Érythrée, ni de l’influence sur ma communauté. Aujourd’hui, avec le recul, c’est un grand honneur. J’ai inspiré deux autres athlètes qui se sont lancés : en skicross et en ski de fond. Ils habitent en Allemagne et en Suède et pourraient disputer les prochains JO en 2030. Je sais donc que le flambeau sera porté pour les générations futures, et ça me remplit de joie. » confie-t-il.
D’autres comme le Nigérian Samuel Uduigowme Ikpefan qui a pris la 65ème place l’épreuve de sprint appelle à un plus grand soutien des athlètes africains : « Il y a une réalité géographique et surtout financière. Si on peut aider un peu plus les comités nationaux et les fédérations, plus de jeunes issus de la diaspora ou même des Africains qui vivent au pays auront la chance de participer aux Jeux d’hiver. Mais c’est vrai qu’on part de loin. » déclare-t-il.
Boniface T.



