Johannesburg (© 2026 Afriquinfos)- L’Afrique du Sud et le Maroc concentrent plus de 91,10% de la production automobile du continent, avec respectivement 618.077 unités et 501.965 unités, soit 50,3% et 40,8% de parts de marché, selon les données du rapport ‘’Automotive Trade Manual 2026’’ de NAAMSA, le Conseil des entreprises automobiles d’Afrique du Sud.
D’après les chiffres de l’exercice 2025, l’Afrique a produit autour de 1,23 million de véhicules dont 868.714 ont été exportés par les pays producteurs vers le reste du monde, selon les données compilées de Naamsa -National association of automobile manufacturers of South Africa-, de Renault Group Maroc et de Tanger Med.
Alors que plus de 91,10% de la production est le fait de l’Afrique de Sud (53,3%) et du Maroc (40,8%), l’exportation est quasi exclusivement assurée par ces deux pays. Ces dernier ont expédié 868.714 unités en 2025, un volume en baisse de 6,60% par rapport à celui de 2024 (930.000 unités). Ce recul est est dû à la baisse des exportations marocaines.
En valeur, les exportations de l’Afrique du Sud et du Maroc ont généré 19,4 milliards de dollars, en hausse de 6,06% par rapport à celui de l’exercice précédent. À noter que les exportations de véhicules des deux pays ont représenté 59,20% des exportations des secteurs automobiles (véhicules, composants automobiles, moteurs et pièces de moteurs) des deux pays qui se sont établies à 32,80 milliards de dollars, en hausse de 9,33%.
Globalement, les expéditions de véhicules ont reculé de 15,74% en 2025 par rapport à l’année précédente. Malgré cela, le Maroc surclasse l’Afrique du Sud qui n’a expédié que 414 271 unités en 2025 et s’assure d’une part de marché de 52,31% au niveau des exportations de véhicules produits au niveau du continent africain.
Le marché européen est désormais le principal débouché grâce notamment aux accords de libre-échange signés par le Maroc et l’Afrique du Sud avec l’Union Européenne et aux liens qui existent entre les constructeurs automobiles du vieux continent qui sont implantés en Afrique (Renault, Stellantis, BMW, Mercedes, Volkswagen…).
Du côté des perspectives, le Maroc et l’Afrique du Sud, qui ont construit durant des décennies des écosystèmes solides, doivent faire face à de nombreux défis. D’abord, il y a la concurrence des marques chinoises qui gagnent des parts de marchés un peu partout dans le monde, au détriment de certaines marques européennes présentes en Afrique dont Mercedes, BMW, Renault.
Ensuite, les deux pays sont très fortement dépendants du marché européen qui absorbent plus de 80% de leurs exportations automobiles.
En outre, il y a l’impact des politiques protectionnistes adoptées par certains pays. C’est le cas des États-Unis qui ont imposé des surtaxes douanières de 25% sur les importations automobiles. Une décision qui a fait chuter les exportations sud-africaines de véhicules vers les États-Unis de -74,40%, passant de 25.554 unités en 2024 à seulement 6.530 l’année dernière.
Ce sont les seuls pays du continent à disposer de véritables écosystèmes automobiles, un environnement des affaires favorable, des ressources humaines qualifiées et des marchés intérieurs relativement significatifs. Ces deux pays disposent également de capacités logistiques conséquentes et se sont dotés d’une vision stratégique de développement de leur industrie automobile.
Le reliquat étant le fait de plusieurs pays dont l’Égypte, l’Algérie, le Nigeria, l’Ouganda, le Ghana, la Tunisie, … qui se partagent une production totale de 108.970 unités.
L’Afrique du Sud, championne de toutes catégories
En 2025, selon les données de NAAMSA, le pays a produit 618.077 unités, contre 600.473 unités en 2024, soit une hausse de 2,9%. Avec ce volume, l’Afrique du Sud assure 50,3% de la production automobile du continent et se positionne au 21e rang mondial.
L’Afrique du Sud compte une vingtaine de producteurs dont des constructeurs de voitures particulières (Ford, Nissan (remplacé par Chery), BMW, Toyota, Mercedes, Isuzu et Volkswagen) et commerciales (Iveco, UD Trucks, Man, Hyundai, Marcopolo, Volvo, FAW…). Ces acteurs reposent sur un véritable écosystème comptant plus de 500 sous-traitants et équipementiers dont 175 de premiers rangs (à 75% de multinationales).
Ainsi, de nombreux composants de véhicules (système d’échappement, châssis, pièces de moteurs, pneus, batteries, boite de vitesses, pièces de freins, filtres…) sont manufacturés localement avec en moyenne 40% de contenu local pour les véhicules produits en Afrique du Sud.
Toutefois, pris globalement, le taux d’intégration du secteur automobile sud-africain s’est établi à 23,80% en 2025, contre 22,6% en 2024.
Au niveau des voitures particulières, malgré une présence de sept constructeurs, le pays n’a produit que 329.600 unités en 2025, contre 493.004 unités par le Maroc. Cela s’explique par les faibles capacités de production des unités installées. Plusieurs modèles sont produits dans le pays dont BMW X3, Mercedes C-Class, Toyota Corolla, Volkswagen Polo,Hilux, Navara, D-Max, Ranger…
Le Maroc leader de la production de voitures particulières
Le Maroc demeure le premier producteur de véhicules particuliers du continent avec 493 004 unités produites en 2025, contre 329 600 pour l’Afrique du Sud.
La production automobile, toutes catégories confondues, s’est établie à 501.965 unités, selon les données de NAAMSA, soit 40,8% de la production automobile du continent. Cette production est en baisse de 11,50% par rapport à celle de 2024 (559.645 unités).
La quasi-totalité de la production automobile marocaine est constituée de véhicules particuliers. En 2025, pas moins de 493 004 véhicules particuliers ont été produits au Maroc, soit 98,21% de la production du pays. Sur ce segment, le Maroc creuse l’écart avec l’Afrique du Sud (329.500 unités), en produisant 163.404 voitures particulières de plus que le pays arc-en-ciel, confirmant sa domination continentale depuis 2019.
Cette production de véhicules particuliers est assurée par deux opérateurs -Renault Group Maroc et Stellantis Maroc- qui s’appuient sur un écosystème de plus de 260 équipementiers.
Renault Group Maroc, filiale du constructeur français Renault, est de loin le premier producteur automobile du continent africain. Celle-ci, inaugurée en 2012 dans la zone franche de Tanger, a produit 394 474 véhicules en 2025, au niveau des sites de Tanger et Casablanca.
Ce volume est en baisse de 5% par rapport à celui de record de 2024. En détail, 299 395 unités ont été produit au niveau de la plateforme Renault Group de Tanger et 95.079 unités au niveau de l’usine Renault Group de Casablanca (Somaca).
La filiale marocaine de Renault s’appuie sur un écosystème d’environ 90 partenaires locaux lui permettant d’afficher un taux d’intégration de 65,5% (hors mécanique). Et avec une capacité installée de 500 000 véhicules par an, le groupe vise désormais jusqu’à 80% d’intégration locale à l’horizon 2030 avec trois milliards d’euros de chiffre d’affaires de sourcing local.
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