« Deux de mes maisons ont été emportées par les crues de la Ntahangwa au mois de mai. Une autre maison s’est retrouvée amputée de deux chambres. Elles donnaient directement sur cette rivière. Nous avons été obligés de déménager », raconte une vieille dame rencontrée sur la 2e Avenue, dans la commune de Buyenzi. Dans le quartier de Kinogono, toujours à Buyenzi, trente habitations se sont écroulées et vingt autres encourent le même risque. Quand il pleut, les habitants maudissent le ciel.
La population de ce secteur, à majorité pauvre, vivant de petits métiers ou sans emploi, est plongée dans la désolation. Les propriétaires des parcelles et des maisons situées tout près de cette « rivière de malheur » ne savent plus à quel saint se vouer. Impuissants face au désastre, ils réalisent qu’ils ont acheté des concessions et construit sans prendre en compte les normes environnementales.
Sur l’autre rive, dans la commune de Ngagara, on assiste à un autre type de défi. Des camions benne chargés de terres déversent leur cargaison au bord de la rivière Ntahangwa pour construire des sortes de polders et y ériger des bâtiments. On monte des murs en dur pour protéger ces maisons qui défient cette rivière. Un combat contre la nature sans doute perdu d’avance.
Un des propriétaires des bâtisses construites sur ces polders explique que c’est la troisième fois qu’il essaie de protéger son immeuble : « chaque fois qu’il y a des crues, le mur s’effondre. » Il a déjà dépensé des millions de Fbu dans ce combat contre dame nature. Il n’entend pas pour autant baisser les bras.
Les plus nantis parviennent parfois à endiguer les assauts de la rivière, obligeant cette dernière à dévier son cours. Le répit est néanmoins de courte durée.
Le pont de la République, pourtant réhabilité il y a seulement quelques années, est aussi menacé. Des fissures sont apparentes dans ses piliers.



