Pouvez-vous résumer la situation ?
La petite corruption touche le grand public. Les sommes tournent généralement autour de 10 000 Fbu (un peu moins de 7 dollars). Cette forme de corruption est en régression, du moins à en croire Transparency International. En revanche, la grande corruption semble prospérer. La justice et la police occupent les plus hautes marches du podium, d’après une enquête de l’Association Burundaise des Consommateurs. Aucune administration ne semble échapper au fléau. La grande corruption fait perdre chaque année plus de 500 milliards de Fbu à l’Etat.
Que faire pour inverser cette fâcheuse tendance ?
Nous avons des instruments et institutions chargés à réprimer la corruption, mais certaines lois comportent des lacunes. Les dispositions légales ne sont pas respectées lors des déclarations de biens et de patrimoine. Certains hommes politiques omettent de déclarer leurs biens. Les moyens humains et matériels alloués aux institutions chargées de lutter contre la corruption sont aussi insignifiants. Par ailleurs, la population a peur de dénoncer les corrompus et les corrupteurs. Ajoutez à cela le fait que, culturellement, certains de nos compatriotes pensent encore qu’un service rendu mérite récompense (gushikana).
En guise de conclusion ?
Il nous faut prendre conscience des méfaits de la corruption, rendre plus opérationnels certains textes existants, encourager le partenariat Etat-société civile pour lutter plus efficacement contre la gangrène de la corruption.



