RDC : accident dans une mine d’or artisanale, plus de 50 disparus

Les autorités congolaises redoutaient la mort de plusieurs dizaines d’orpailleurs artisanaux samedi au lendemain d’un accident dans une mine d’or à Kamituga, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En fin d’après-midi, aucun corps n’avait encore été retrouvé, 24 heures après la catastrophe provoquée par l’eau de pluies diluviennes, d’après le maire et un témoin.

En présentant ses condoléances aux proches des victimes, le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi, a d’abord déploré « la mort tragique de 50 personnes, en majorité des jeunes« . L’accident est survenu à 270 km par la route au sud-ouest de Bukavu, chef-lieu de la province.

Au plus près des secours sur place, le maire Alexandre Bundya joint par l’AFP a cependant déclaré ne pas savoir combien de mineurs artisanaux se trouvaient dans les puits de la mine au moment de l’accident.

Le maire affirme avoir identifié « 19 familles qui sont en train de réclamer leur frère« .

Il a encouragé les habitants à participer aux secours pour « extraire les cadavres » et décrété deux jours de deuil samedi et dimanche.

Des centaines de personnes se sont rassemblées toute la journée sur les lieux de l’accident à flanc de colline autour du carré minier dit « D3« .

Parmi elles, des hommes portant des bottes en plastique ont tenté de déblayer l’entrée d’un tunnel, à la main ou avec une pelle.

« Scandale géologique »

A Bukavu, les autorités provinciales ont d’abord parlé d’un « éboulement » à l’origine de l’accident.

« Ce n’est pas un effondrement« , a corrigé le maire. « Hier (vendredi) nous avons connu des pluies diluviennes. C’est à cause de ces pluies que l’accident a eu lieu« , les eaux se déversant dans le puits minier, selon lui.

« L’eau est allée vers les trois tunnels. Lorsque les gens ont voulu sortir, il n’y avait plus moyen car l’eau coulait en abondance, avec une grosse pression« , a confirmé un journaliste sur place, Jean Nondo.

Le président de la République Félix Tshisekedi s’est déclaré « profondément attristé » en présentant ses condoléances aux familles sur le compte Twitter de la présidence.

Connus sous le nom de « creuseurs« , les mineurs artisanaux tentent de gagner leur vie en revendant à des comptoirs commerciaux les minerais qu’ils parviennent à extraire dans des conditions difficiles.

Les accidents sont nombreux. En juin 2019, au moins 39 « creuseurs » artisanaux étaient morts dans l’effondrement partiel d’une mine de cuivre près de Kolwezi, dans la région du Katanga (Sud-Est).

Les victimes étaient des « mineurs artisanaux illégaux » présents sur une concession industrielle de Glencore, avait indiqué le géant des matières premières basé en Suisse.

Le sous-sol congolais est très riche en minerai: or, cobalt, cuivre, coltan.

A côté des industriels, les « creuseurs » représentaient à titre d’exemple 14 à 16% de l’extraction du cobalt en 2017 au Katanga, premier producteur mondial, d’après une estimation du cabinet spécialisé Darton, basé à Londres.

La RDC fait figure de « scandale géologique » car les richesses de son sous-sol ne profitent guère aux plus de 80 millions d’habitants du plus grand pays d’Afrique subsaharienne: « En 2018, 72% de la population vivait avec moins de 1,9 dollar par jour« , d’après la Banque mondiale.

La plupart des Congolais gagnent leur vie dans des secteurs économiques informels, comme justement l’exploitation minière artisanale. Cette activité est en théorie prévue et encadrée par le Code minier révisé en 2018.

« Le chef de l’État invite le gouvernement à prendre des mesures fortes pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus« , a indiqué le compte Twitter de la présidence de la République.

« Les enquêtes doivent être menées pour élucider les causes de cette catastrophe« , a déclaré un représentant de la société civile à Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa. « Les autorités doivent prendre leur responsabilité au lieu de taxer les creuseurs artisanaux« .

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