Présidentielle guinéenne : le RPG investira son candidat les 5 et 6 août

Conakry (© 2020 Afriquinfos)- Le Rassemblement pour le peuple de Guinée (RPG, au pouvoir), le parti du président guinéen Alpha Condé, va désigner début août son candidat à la présidentielle prévue fin 2020. Cette annonce intervient quelques jours après l’arrestation de 22 personnes, dont une majorité de jeunes, lors d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes à Kankan, fief du président Condé, en Haute-Guinée (Est du pays).

« Nous tiendrons notre convention les 5 et 6 août au siège national du parti dans la banlieue de Conakry. Nous désignerons notre candidat pour la présidentielle », a confié mercredi le porte-parole du RPG, le député Aly Kaba.

Mais le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qui s’oppose à un éventuel troisième mandat du président guinéen estime que ces rencontres du RPG des 5 et 6 août sont « des manœuvres » pour « maintenir Alpha Condé au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat ».

Les adversaires de M. Condé sont persuadés que celui-ci briguera sa propre succession. Formé des principaux partis d’opposition et la société civile, le FNDC « appelle les populations de Conakry et ses environs à des manifestations le 6 août pour faire barrage à ce coup d’Etat civil », indique-t-il dans un communiqué.

Le mandat de M. Condé, 82 ans, ancien opposant historique élu en 2010 et réélu en 2015 pour cinq ans, arrive à échéance à la fin de l’année. M. Condé entretient cependant l’ambiguïté sur ses ambitions personnelles. Jusqu’ici, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a proposé la date du 18 octobre pour l’élection, mais le président Condé ne l’a pas encore entérinée.

Des manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Condé, suspendues depuis des mois en raison de la pandémie de Covid-19, ont repris depuis une semaine. Lancée par l’opposition mi-octobre 2019, la mobilisation anti-Condé, plusieurs fois sévèrement réprimée, a fait des dizaines de morts parmi les civils.

Tensions sociales en attendant la présidentielle 2020

Vingt-deux personnes dont une majorité de jeunes, arrêtées le 21 juillet lors d’une manifestation en Guinée contre les coupures d’électricité dans l’est du pays, ont été libérées, a appris jeudi l’AFP auprès de leur avocat et d’un ex-détenu. « Mes clients sont tous libres. Ils ont chacun rejoint (leur) domicile », a déclaré Me Antoine Camara.

De violents heurts avec les forces de l’ordre avaient éclaté lors de ce rassemblement et plusieurs manifestants avaient été blessés, selon des témoins. Inculpés pour « troubles à l’ordre public, attroupement illégal, destruction de biens publics et privés et désobéissance civile », puis écroués à Kankan, les 22 prévenus avaient été arrêtés lundi dernier. Les manifestations contre les coupures d’électricité sont récurrentes en Guinée.

En dépit de ses importantes ressources naturelles (en bauxite, or, diamant et minerai de fer), la Guinée dispose d’une population dont plus de la moitié vit dans la pauvreté.

V. A.

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