Pandora Papers : Le Nigeria, l’Angola et plusieurs pays producteurs de pétrole cités 

Abuja (© 2021 Afriquinfos) Il faut désormais s’attendre chaque année à de fracassantes révélations sur les évasions fiscales à l’échelle mondiale. Après 2016 et les Panama Papers, 2017 et les Paradise Papers, 2019 et les Mauritius Leaks, 2020 et les Luanda Papers, place au Pandora Papers en cette année 2021. Comme à chaque publication, l’Afrique a une place de choix dans ces révélations avec près de 43 dirigeants africains épinglés dont nombreux sont issus de pays producteurs de pétrole.

 Le Consortium International des journalistes d’investigation (ICIJ), n’a pas encore publié la totalité de ses découvertes issues des 11,9 millions de documents confidentiels auxquels, il a eu accès, mais ceux divulguées dimanche épinglent déjà une quarantaine de politiciens et dirigeants africains de 18 pays.  A chaque fois qu’un scandale d’évasions fiscales est dévoilé, les pays producteurs de pétrole tiennent le haut du pavé. Les Pandora Papers ne dérogent pas à la règle. Pour preuve parmi les quarante-trois responsables politiques africains dont les noms sont apparus dans l’enquête, dix sont issus du Nigeria et neufs de l’Angola, deux des pays possédant les importantes ressources pétrolières sur le continent.

Les révélations de l’ICIJ incriminent aussi d’autres pays tels la Côte d’Ivoire où au moins 5 officiels dont le Chef du gouvernement, Patrick Achi sont identifiés parmi les personnalités ayant dissimulé des fonds dans des paradis fiscaux et des sociétés offshores.  Le Congo Brazzaville, le Tchad ou encore le Gabon, un autre pays producteur de pétrole, ont été aussi épinglés. Dans ce dernier-cas, c’est Ali Bongo himself qui a essayé d’échapper aux impôts en bénéficiant de véritables montages financiers. Les documents consultés par l’ICIJ indiquent « que le président gabonais contrôlait, avec deux associés politiques, une société écran domiciliée aux Iles Vierges britanniques (IVB), prénommée Gazeebo Investments Ltd. D’après un courriel, daté de 2008, d’un procureur de Miami, qui a chargé des avocats du cabinet de services offshore, Trident Trust, d’incorporer la société, M. Bongo en était l’actionnaire majoritaire. Les autres actionnaires étaient Jean-Pierre Oyiba, directeur de cabinet présidentiel jusqu’à sa démission en 2009, et Claude Sezalory, originaire de France et marié à Sylvia Bongo Ondimba avant son union avec Ali Bongo en 1989. Ali Bongo était également le directeur d’une autre société écran aux IVB, Cresthill Worldwide Ltd. L’une comme l’autre, ne sont plus actives aujourd’hui tandis que leur raison d’être n’est pas connue. »

Et dire que c’est qu’une partie des Pandora Papers qui a été dévoilés. Le consortium de journalistes d’investigation laisse entendre que d’autres révélations vont être faites les jours à venir. A travers le monde, les Pandora Papers touchent plus de 330 politiciens, dont certains encore en exercice, concernés ; plus de 130 personnalités dont des membres de familles royales ; 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux et plus de 600 journalistes de plus de 150 médias du monde entier ont été mobilisés sur le sujet.

S.B.

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