L’Initiative Globale pour la Paix et la Sécurité en Afrique a tenu son second webinaire sur ‘La politique africaine du Japon’

Paris (© 2022 Afriquinfos)- L’IGPSA, initiative visant à promouvoir les approches multilatérales sur les enjeux de paix, de sécurité et de développement sur le continent africain, a tenu son second webinaire le 29 novembre 2022 de 11h00 à 12H30 (UTC+1). Suscitant l’intérêt de plus de 150 personnes, cet événement a permis de mieux comprendre l’engagement du Japon en Afrique, ses réalisations, ses spécificités ainsi que ses perspectives d’évolution.

En présence et avec la participation active de M. Osamu IZAWA, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Sénégal, ce second webinaire a réuni trois experts. Leurs parcours académiques et expériences de terrain ont permis de croiser les regards et de nourrir les échanges :

– Mme. Sayoko UESU, chercheuse associée au National Graduate Institute for Policy Studies (GRIPS) de Tokyo, spécialiste des questions africaines ;

-M. Bakary SAMBE, Directeur du Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies (Dakar, Niamey) ;

-M. Giovanni FALEG, responsable de l’analyse et de la recherche sur l’Afrique subsaharienne à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (EUISS).

Durant cette séquence, les discussions ont été dirigées et animées par M. Oumarou BARRY. Journaliste résidant à Tokyo et fin connaisseur des relations nippo-africaines, il a notamment été rédacteur en chef de deux émissions de télévision panafricaines particulièrement suivies : Business Africa et Initiative Africa (en anglais, français et portugais).

Après quelques présentations permettant de cadrer le propos, les échanges des quatre personnalités invitées se sont terminés par une session de questions réponses avec les participants. En synthèse, lors de leurs interventions respectives, les experts ont convenu de la qualité de la relation nouée entre l’Afrique et le Japon au fil des années et des opportunités qu’elle pouvait encore offrir dans le cadre d’une recherche continue d’un partenariat équilibré.

Outre le fait que cette relation ne soit pas entachée par la question du passé colonial ou basée sur une approche «tout sécuritaire» de l’Afrique, elle s’est développée à une époque durant laquelle le reste du monde se détournait alors du continent africain, si ce n’est pour le considérer comme un enjeu de dispute pendant la période de la Guerre Froide. Assez tôt, cette relation s’est articulée autour de l’aide au développement, au profit des populations, avant de se poursuivre notamment par des échanges commerciaux et des interactions entre acteurs du monde privé.

Dans une certaine mesure, la TICAD (Tokyo International Conference on African Development) a suivi cette même dynamique. Si les dirigeants japonais ont compris que l’Afrique pouvait leur offrir des ressources naturelles dont il ne disposait pas en propre, les responsables africains ont de leur côté regardé le développement économique réussi du Japon comme un bon exemple à suivre et dont il fallait tirer toutes les leçons, particulièrement au regard du succès que le système japonais a connu en matière de formation et d’instruction de sa jeunesse.

Ce facteur humain a été souligné comme une singularité de la politique africaine du Japon. Une spécificité qui est très favorablement perçue en Afrique. A l’avenir, il serait peut-être souhaitable que ce prisme puisse être davantage renforcé pour permettre un meilleur transfert de connaissances et de compétences au profit de la jeunesse africaine et donc de la stabilité et du développement du continent africain.

Sur ces derniers points, le Japon travaille en coordination avec ses grands partenaires dont l’Union européenne (UE) pour contribuer à assurer un avenir meilleur aux populations africaines, particulièrement dans le contexte du réchauffement climatique. A cet égard, la politique africaine du Japon s’inscrit dans un cadre plus large de soutien au multilatéralisme comme instrument de paix et de protection des valeurs universelles et fondamentales.

Ce qu’ils ont pensé du webinaire et des échanges :

Mme. Sayoko UESU, chercheuse associée au National Graduate Institute for Policy Studies (GRIPS) de Tokyo, spécialiste des questions africaines: «Je souhaite remercier l’IGPSA de m’avoir donné l’opportunité de participer à ce webinaire organisé en partenariat avec le Timbuktu Institute et remarquablement animé par Oumarou Barry. J’ai tout particulièrement apprécié la qualité des analyses proposées par les experts ainsi que la franchise des débats.

Je retiens notamment le conseil du Dr Bakary Sambe donné à Tokyo. En matière de politique africaine, le Japon doit continuer de poursuive son propre chemin, y compris dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il faut absolument éviter de répéter les erreurs que certains partenaires ont pu commettre. A l’avenir, je serai très heureuse de poursuivre les discussions entamées lors de ce webinaire en attendant la tenue de la prochaine TICAD en 2025»!

M. Bakary SAMBE, Directeur du Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies (Dakar, Niamey): «Nous sommes ravis de ce partenariat avec l’IGPSA. Le webinaire a été riche en échange grâce aux experts présents et aux différentes contributions de l’ambassadeur Izawa. Le Timbuktu estime que la valeur ajoutée du Japon en Afrique pourrait être d’investir davantage le terrain de l’éducation pour la paix telle que Tokyo le fait déjà de manière réussie dans le cadre de son action à l’UNESCO avec l’Université de Hiroshima. En fait, le Japon n’a pas attendu la relance de l’idée d’un nexus sécurité-développement pour saisir tout l’enjeu de l’investissement dans le capital humain, l’éducation et la jeunesse. Ce pays a une valeur ajoutée certaine dans ces domaines. En comparaison avec les stratégies du tout-sécuritaire – qui n’ont pas eu de succès au Sahel – la politique africaine du Japon a trouvé son propre chemin».

M. Giovanni FALEG, responsable de l’analyse et de la recherche sur l’Afrique subsaharienne à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (EUISS): «Je suis ravi d’avoir pu participer à ce webinaire et je remercie I’Initiative Globale pour la Paix et la Sécurité en Afrique (IGPSA) pour y avoir associé l’EUISS. Les discussions avec les autres experts et l’ambassadeur Izawa nous ont notamment permis d’engager une réflexion autour des moyens à mettre en œuvre pour favoriser une coopération encore plus étroite entre le Japon, l’Union européenne (UE) et les Etats Africains, ainsi que les autres partenaires qui partagent nos valeurs en faveur du développement durable et de la sécurité humaine sur le continent africain. Ce dialogue croisé et cette coordination multilatérale sont essentielles afin de répondre de façon efficace aux besoins des peuples africains et de prendre en compte les tensions géopolitiques aux effets systémiques».

Afriquinfos

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