La Covid-19, un puissant boost pour la fintech sur le continent africain selon l’UA

Addis-Abeba (© 2021 Afriquinfos)- Dans son édition 2021 du ‘Rapport Dynamiques du développement de l’Afrique’, la Commission de l’Union Africaine a révélé le dynamisme provoqué par la pandémie dans le domaine de la fintech sur le continent. Il s’agissait de trouver des solutions innovantes pour continuer à vivre un tant soit peu dans un contexte de pandémie. Elle a émis des recommandations pour que les Etats puissent tirer profit de cet essor du secteur numérique.  

Les start-ups africaines évoluant dans le domaine du numérique n’ont jamais été aussi actives et créatives que ces derniers mois, depuis la survenance de la Covid-19. Pour la Commission de l’Union Africaine (UA) et ses partenaires (qui le 19 janvier dernier ont publié un rapport sur la transformation numérique du continent), cet essor du secteur du numérique est une opportunité pour les gouvernements africains.

En encourageant la diffusion des technologies numériques, des données et des interconnections dans tous les domaines, à commencer par celui de la santé, les pays africains ont la possibilité d’accélérer leur transformation économique et de créer des emplois productifs, conformément aux grandes aspirations de ‘l’Agenda 2063’ qui propose la vision de développement de l’Afrique sur 50 ans.

Selon le rapport, le terreau est fertile pour tirer avantage du numérique et en faire un moteur de créations d’emplois et de richesses. En seulement dix ans, la capacité totale de la bande passante Internet internationale entrante de l’Afrique a été multipliée par plus de 50, tandis que le réseau en fibre optique a été multiplié par près de quatre, et les abonnements de téléphonie mobile par plus de deux. Environ 58% de la population africaine vit désormais dans des zones couvertes par les réseaux 4G, alors que l’Afrique affiche plus de 480 millions de comptes bancaires sur mobile, note le rapport.

Une autre Afrique sur le plan du numérique est possible

Plus de 500 entreprises africaines proposent des innovations technologiques. Parmi ces structures, celles qui proposent des services financiers (fintech) et plus de 640 pôles technologiques sont actifs sur tout le continent, selon la publication de l’UA. Mais il y a encore du chemin à faire car relève l’UA, ces innovations ne se répercutent guère sur l’économie réelle et créent trop peu d’emplois.

Seuls 26% des habitants des zones rurales utilisent régulièrement Internet – contre 47% des citadins – tandis que dans 37 pays africains sur 55, plus de 50% de la population ne peuvent pas se permettre de consommer plus d’un gigaoctet de données par mois. Le rapport constate aussi que seulement 31% de toutes les entreprises africaines ont leur propre site web.

Aussi, la Commission de l’UA préconise quatre mesures aux gouvernements pour accélérer la transformation numérique et la création d’emplois dans tous les secteurs économiques. Elle leur recommande ainsi de favoriser la diffusion des innovations numériques au-delà des grandes villes. Selon le rapport, seulement 35% des villes intermédiaires sont connectées à des réseaux terrestres en fibre optique.

Les connecter peut avoir un fort effet multiplicateur puisque 73% des Africains vivront dans des villes intermédiaires et des zones rurales d’ici 2040. Selon les auteurs du Rapport, il faudra aussi investir dans le développement des compétences de la main-d’œuvre africaine et offrir une protection sociale aux “e-Workers informels”.

Des enquêtes récentes montrent que de nombreux ‘‘e-Workers’’ font face à une rémunération imprévisible et inférieure au salaire minimum national, et qu’ils ne bénéficient pas de conditions de travail standard comme dans l’emploi formel. Il faudra aussi supprimer les obstacles qui empêchent les petites entreprises de se concurrencer et de se développer à l’ère numérique, conseille vivement l’UA.

Le financement en capital-risque pour les start-ups africaines a été multiplié par sept entre 2015 et 2019, mais l’écosystème du financement des entrepreneurs dans le numérique reste fragile et inadéquat. La moitié des start-ups les plus dynamiques sont basées dans seulement cinq villes : Le Cap, Lagos, Johannesburg, Nairobi et Le Caire. L’UA recommande ainsi de mettre à jour les réglementations et les harmoniser aux niveaux régional et continental. Actuellement, seuls 28 pays d’Afrique sur les 55 disposent d’une législation sur la protection des données personnelles, tandis que 11 autres ont adopté des lois de fond sur la cybercriminalité.

Boniface T.

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