Energie: de plus en plus de pays d’Afrique subsaharienne se tournent vers des producteurs indépendants d’électricité

Bamako (© 2021 Afriquinfos)- L’accès à l’énergie électrique demeure l’un des plus gros challenges auxquels est confronté le continent africain. Pour réduire leurs dépendances énergiques, les pays d’Afrique subsaharienne se tournent non seulement vers les énergies renouvelables, mais aussi de plus en plus vers des producteurs indépendants d’électricité. Les exemples sont foison sur le continent.

Ces dernières années et ceci, depuis qu’un rapport de la Banque Mondiale a, en 2016 fait savoir que pour combler le fossé énergétique en Afrique subsaharienne, il fallait recourir aux producteurs indépendants d’électricité, de nombreux pays de la région optent pour cette solution. Ils se font de plus en plus nombreux. Ainsi, au Mali, le groupe énergétique français Akuo Energy, un producteur d’électricité indépendant, a mis en service la Centrale de Kita, plus grande centrale photovoltaïque d’Afrique subsaharienne.

L’Etat d’Eswatini, pays enclavé en Afrique du Sud, a publié un appel à manifestation d’intérêt à destination de producteurs indépendants d’électricité («Independent power producer» IPP) pour le développement d’une centrale photovoltaïque de 850 kWc à l’aéroport international. La province du Cap occidental en Afrique du Sud vient aussi d’obtenir le droit de s’approvisionner directement auprès de producteurs indépendants, sans avoir à passer par la société nationale Eskom, limitant ainsi le risque lié au client unique.

S’adapter à l’actuelle donne

Si le secteur connaît un réel essor et permet aux Etats de pallier leur manque de financements surtout en cette période de la Covid-19 pour accroître leur production énergétique, sa mise en œuvre n’en demeure pas moins problématique, sur certains points.  Les producteurs d’électricité indépendants sont en effet des entités, généralement privées, qui soumissionnent à des appels à manifestation d’intérêt (ou appels d’offres) afin de produire et vendre de l’électricité aux services publics et/ou utilisateurs finaux à travers un contrat d’achat d’électricité («power purchase agreement», PPA).

L’intérêt de ces contrats d’achat d’électricité réside dans la contractualisation sur une longue durée des conditions de vente et d’achat de l’électricité, ce qui permet de réduire les risques liés à l’investissement dans les projets électriques. Les Etats laissent ainsi à des entités privées le soin d’investir, de construire et de faire fonctionner de nouvelles Centrales lorsqu’ils n’en ont pas la capacité (technique, financière, etc.), tandis que ces entités privées, frileuses en raison de risques élevés et de faibles retours sur investissement, bénéficient d’une sécurité des prix sur le long terme.

Néanmoins, la complexité de ces contrats impose une attention particulière lors de leur négociation et de leur rédaction, afin d’établir une allocation des risques équilibrée et rentable pour chacune des parties.

Les enjeux porteront principalement sur le prix, les obligations de chacune des parties, la résiliation du contrat et ses conséquences, le changement de réglementation, la cession du contrat et les garanties. A cela s’ajoutent, le «risque pays», mais aussi le coût de la technologie, les conflits politiques qui ont émergé lors d’élections présidentielles, et la chute du coût des technologies solaires ces dernières années.

Pour les Etats, il ne s’agit donc pas seulement de recourir aux services de ces producteurs indépendants d’électricité, mais aussi de le faire dans les meilleures conditions qui seront profitables pour leurs populations.

S.B.

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