Afrique du Sud: Plan officiel pour combattre racisme, xénophobie et intolérance de plus en plus ambiants!

Le Gouvernement sud-africain rejette les accusations de xénophobie, tout en appelant les pays africains à s'attaquer aux crises économiques et de gouvernance qui alimentent les migrations.

Afriquinfos Editeur
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Manifestation contre les migrants sans papiers devant le Parlement au Cap, le 8 mai 2026 en Afrique du Sud.
Manifestation contre les migrants sans papiers devant le Parlement au Cap, le 8 mai 2026 en Afrique du Sud.

Plusieurs ministres se sont réunis en urgence ce 25 mai en Afrique du Sud, dans un contexte de manifestations contre les immigrés clandestins dans le pays, afin de mettre en place un plan de lutte contre le racisme.

Une marche de protestation contre les migrants sans-papiers, organisée par les groupes March and March et Operation Dudula au Cap, le 23 mai 2026 en Afrique du Sud.
Une marche de protestation contre les migrants sans-papiers, organisée par les groupes ‘March and March’ et ‘Operation Dudula’ au Cap, le 23 mai 2026 en Afrique du Sud.

Des mouvements anti-migrants, qui accusent les immigrés sans papiers de commettre des crimes et de voler les emplois des Sud-africains, leur ont intimé de « quitter le pays d’ici le 30 juin », un ultimatum sans aucun poids légal mais qui alimente les craintes de violences. Les ministres de la Justice, de la Défense et de la Sécurité ont tenu une « réunion d’urgence » afin de finaliser un « plan pour combattre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée », a annoncé ce 25 mai le Gouvernement.

Les ministres doivent également rencontrer des partis politiques et des mouvements à l’origine des manifestations contre les immigrés clandestins, a-t-il ajouté. Les campagnes xénophobes visant les migrants en situation irrégulière se sont intensifiées depuis plusieurs mois en Afrique du Sud, le pays le plus industrialisé du continent africain, sur fond de chômage de masse.

En 2008, soixante-deux personnes – dont 21 Sud-Africains – avaient été tuées lors d’émeutes anti-migrants et des milliers ont été déplacées. De nouvelles flambées de violences ont suivi en 2015 et 2016. La semaine dernière, plusieurs centaines de ressortissant étrangers, issus notamment de République démocratique du Congo, du Rwanda et de Somalie, s’étaient réfugiés dans un Centre religieux de Durban (est), affirmant que des habitants hostiles avaient ordonné aux étrangers, lors d’un porte-à-porte, de « partir avant le 30 juin ».

Plusieurs pays africains ont exprimé leur inquiétude, dont le Ghana qui prévoit de rapatrier cette semaine plusieurs centaines de ses ressortissants, avait indiqué le week-end éoulé l’ambassadeur du Ghana, Benjamin Quashie, en reconnaissant que beaucoup avaient des permis de travail arrivés à expiration.

Ce 25 mai, lors d’une nouvelle manifestation, des centaines d’habitants du township de Katlehong, dans l’agglomération de Johannesburg, ont exhorté la Police à contrôler les papiers d’étrangers tenant des commerces, a rapporté la Télévision publique SABC. Un rassemblement de protestation contre le manque de services dans un quartier défavorisé de la banlieue de Bloemfontein (centre) a également visé des ressortissants étrangers, a relaté SABC.

Le Gouvernement sud-africain rejette les accusations de xénophobie, tout en appelant les pays africains à s’attaquer aux crises économiques et de gouvernance qui alimentent les migrations vers différents eldorados sur le continent berceau de l’Humanité.

@ Afriquinfos & AFP