Premier tour de l’élection du Conseil présidentiel libyen

Les participants au dialogue interlibyen réunis en Suisse sous le parrainage de l’ONU ont voté mardi pour élire le Conseil présidentiel mais un second tour devra se tenir, aucun des candidats n’ayant atteint le seuil des 70% voix requis, selon les Nations unies.

Le Conseil présidentiel transitoire devra être composé de trois membres (un président et deux vice-présidents) représentant la Tripolitaine (Ouest), la Cyrénaïque (Est) et le Fezzan (Sud), les trois régions libyennes.

Les images diffusées en direct par l’ONU, ont montré les 75 participants au dialogue déposant leurs votes en début d’après-midi dans trois urnes, chacune représentant une région de Libye.

Après le décompte des voix, trois figures politiques ont remporté ce premier tour.

Aguila Saleh, l’un des candidats les plus en vue de l’Est, juriste et président du Parlement basé à Tobrouk, a obtenu 9 voix.

Lors de sa présentation lundi, il avait suscité une vive polémique quand à la question de savoir comment rétablir la confiance avec les Libyens de l’Ouest après l’offensive contre Tripoli, il a répondu que « nul n’était à l’abri de l’erreur« .

Pour l’Ouest, Khaled el-Mechri, actuel président du Haut conseil de l’Etat, a obtenu 8 voix.

Pour le Sud, Abdel Majid Ghaith Seif el-Nasser, ambassadeur de Libye au Maroc, descendant d’une longue lignée de chefs tribaux arabes influents dans le Fezzan, notamment dans la ville de Sebha, a obtenu 6 voix.

Second tour

Aucun des candidats n’ayant pu atteindre le seuil des 70% des voix, un second tour sera organisé mais sous le format des listes cette fois, a précisé Stephanie Williams, chef de la Mission de l’ONU en Libye, après l’annonce des résultats.

Les délégués de tous bords auront ensuite jusqu’à vendredi pour désigner un Premier ministre.

Selon l’ONU, le futur conseil transitoire aura pour mission de « réunifier les institutions de l’Etat et assurer la sécurité » jusqu’aux élections prévues en décembre.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux autorités s’y disputent le pouvoir: à l’Ouest, le Gouvernement d’union nationale (GNA à Tripoli), reconnu par l’ONU et soutenu par la Turquie, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, soutenu par la Russie et les Emirats arabes unis notamment.

Après l’échec d’une offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour conquérir Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu en octobre et retrouvé le chemin du dialogue, encouragé par l’ONU.

Lundi, les 24 candidats aux trois postes du Conseil présidentiel ont défendu leurs candidatures par visioconférence.

La plupart ont appelé à la réconciliation et au retrait des mercenaires toujours présents sur le sol libyen. Des candidats de l’Ouest ont appelé à poursuivre les auteurs des « crimes de guerre« .

Les 21 candidats au poste de Premier ministre devront ensuite défendre leurs candidatures selon le même format. L’actuel ministre de l’Intérieur du GNA, Fathi Bachagha, un poids-lourd de la politique locale, fait figure de favori pour ce poste.

Le dialogue interlibyen a été lancé en Tunisie en novembre 2020. Mi-novembre, les participants ont trouvé un accord sur l’organisation d’élections « nationales » le 24 décembre 2021.

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