Libye, l’aéroport bombardé, la Turquie menace Haftar

Nouvelle victime civile pour Haftar

Nouvelle victime civile pour Haftar | Des dizaines de roquettes se sont abattues sur Tripoli, tuant au moins quatre civils et endommageant sérieusement l’aéroport de la capitale libyenne, où le Gouvernement d’union nationale (GNA) a imputé les tirs aux forces rivales du maréchal Khalifa Haftar.

La mission de l’ONU en Libye (Manul) a déploré sur Twitter « un spectacle devenu très familier mais terrifiant ».

Entre mercredi et dimanche, au moins 19 personnes -17 civils et deux policiers- ont été tuées et plus de 66 civils blessés dans une pluie de roquettes contre plusieurs quartiers de la capitale libyenne, a indiqué le GNA, reconnu par l’ONU, accusant les pro-Haftar de s’en prendre aux civils.

En avril 2019, les forces du maréchal Haftar, homme fort de l’Est, ont lancé une offensive pour s’emparer de Tripoli, où siège le GNA, alors que les deux camps se disputent le pouvoir du pays pétrolier, plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Au fil des mois, l’ingérence d’armées étrangères a exacerbé le conflit, avec les Emirats arabes unis et la Russie soutenant le camp Haftar, et la Turquie celui du GNA.

Selon le porte-parole du ministère de la Santé du GNA, Amine al-Hachemi, au moins quatre civils, dont une fillette de 5 ans, ont été tués samedi dans les quartiers populaires d’Abou Slim Bab et Ben Ghachir, et 16 personnes blessées.

Des explosions sont toujours entendues dimanche soir dans la capitale libyenne.

Nouvelle victime civile pour Haftar : Menaces turques

En Turquie, le ministère des Affaires étrangères a menacé de prendre pour « cible » les pro-Haftar. « Si nos missions et intérêts sont visés en Libye, les forces de Haftar seront considérées comme des cibles légitimes. »

Des roquettes sont tombées vendredi dans le périmètre de l’ambassade de Turquie et de la résidence de l’ambassadeur d’Italie à Tripoli. Rome a dénoncé l’attaque qu’elle a aussi attribuée aux pro-Haftar. Ces derniers ont nié cibler des représentations diplomatiques.

Samedi, l’aéroport de Mitiga, fermé depuis mars à cause de frappes répétées, a été très endommagé par les roquettes. Des photos d’un avion au fuselage éventré, de bâtiments et de la piste gravement endommagés ont circulé sur les réseaux sociaux.

Selon une source aéroportuaire, deux avions civils ont été touchés ainsi que les salles des voyageurs.

« Les forces du criminel de guerre (Khalifa Haftar, ndlr) ont tiré plus d’une centaine de roquettes et de missiles sur des quartiers résidentiels du centre de Tripoli samedi », a affirmé le GNA sur Facebook.

« L’aéroport international de Mitiga a été visé par des dizaines de tirs, touchant un avion civil qui s’apprêtait à décoller pour ramener des citoyens bloqués à l’étranger en raison de la pandémie du nouveau coronavirus », a-t-il ajouté.

Selon la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), « le principal dépôt de carburant de l’aéroport a été directement touché par des roquettes », provoquant un incendie et une épaisse colonne de fumée. Quatre réservoirs sont entièrement détruits par le feu et les six autres très endommagés.

Nouvelle victime civile pour Haftar : « Projet sanguinaire »

La Manul a fait part de sa « ferme condamnation des attaques visant des civils et des infrastructures civiles » et appelé à traduire leurs auteurs en justice.

Pour le GNA, le « projet sanguinaire » du maréchal Haftar visant à s’emparer du pouvoir « touche à sa fin ».

« Les actes insensés de ces derniers jours sont la preuve de sa faiblesse et de son désespoir après les défaites successives de ses milices et de ses mercenaires », a-t-il indiqué.

Les troupes du maréchal Haftar ont subi plusieurs revers dans leur offensive ces dernières semaines.

Appuyées par la Turquie, les forces du GNA leur ont repris en avril deux villes stratégiques de l’ouest, et cernent actuellement Tarhouna, la plus importante base-arrière des pro-Haftar, à quelque 80 km au sud-est de Tripoli.

Les deux camps rivaux s’accusent mutuellement de continuer de recevoir des cargaisons d’armes de leurs soutiens respectifs.

Depuis le début de l’offensive en avril 2019, les violences ont fait des centaines de morts et poussé à la fuite quelque 200.000 personnes.

Le GNA contrôle l’ouest du pays y compris Tripoli. Le maréchal Haftar, qui tient sa légitimité d’un Parlement élu basé dans l’est, contrôle l’est et une partie du sud libyen.

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