Disparition d’Albert Memmi : le monde salue un pourfendeur de la colonisation et du racisme

Disparition d'Albert Memmi

Disparition d’Albert Memmi | L’écrivain et essayiste français d’origine tunisienne, Albert Memmi est décédé le 22 mai dernier à Paris à l’âge de 99 ans. Né en 1920 dans la Tunisie coloniale dans une famille juive arabophone, il avait mis sa plume au service du rapprochement des peuples et des religions. Sa mémoire, son humanisme et son œuvre sont salués de tous depuis l’annonce de sa mort.

C’est l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, qui a été l’un des premiers à réagir à la mort du célèbre écrivain en lui rendant un vibrant hommage : « Il est parti loin de Tunis où il était né, il y a exactement 100 ans, loin du quartier de la Hara, et de l’impasse Tronja. Loin de cette Tunisie qui l’a tant façonné et a fait éclore une œuvre unique, magnifique, puissante, complexe et parfois incomprise, tant l’arrachement à la terre natale et la marque de sa judéité y sont forts. « Un écrivain de la déchirure », comme le dit si bien Guy Dugas à qui l’on doit un travail remarquable sur l’auteur et l’édition de son journal intime, à compter de la seconde guerre mondiale », a écrit M. Poivre d’Arvor. Albert Memmi est en effet le fruit d’une triple culture, juif, tunisien et Français. Né dans une Tunisie coloniale, il racontera ses joies mais aussi ses douleurs dans ses tous premiers romans notamment la « La Statue de sel » (1953), qui à l’époque déjà ont été bien accueillis par la critique et préfacés par Albert Camus ou encore Jean-Piertre Sartre.

Ecrivain et chercheur reconnu, Albert Memmi n’avait jamais cessé de chercher à bâtir des ponts entre l’Orient et l’Occident, l’Europe et le Maghreb, et il aura contribué par ses écrits à développer la pensée humaniste, notamment par ses essais autour de la « judéité » – un concept qu’il avait forgé dans les années 1970 -, du colonialisme (notamment avec son « Portrait du colonisateur », 1957) et du racisme. L’Ambassadeur de France en Tunisie a ainsi salué «  une grande conscience intellectuelle et un anti colonialiste.

Albert Memmi a reçu de nombreux prix notamment le Prix de Carthage à Tunis en 1953, le Grand Prix littéraire du Maghreb de la Fondation Nourredine-Aba à l’Unesco en 1995, le Prix littéraire Tunisie-France et le dernier en date le Grand prix de la francophonie décerné en 2004, par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre écrite en français.

Boniface T.

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