La transhumance dans l’espace CEDEAO expliquée par Sékou Sangaré Commissaire de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en eau

Accra (© 2019 Afriquinfos) Quand elle est évoquée, c’est le plus souvent en raison des conflits qu’elle génère entre les communautés dans l’espace CEDEAO. Mais comme l’explique Le commissaire de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en eau au micro de nos confrères de Sidwaya, Sékou Sangaré, la transhumance est un maillon fort dans le développement économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel et une préoccupation pour les dirigeants de l’espace.

En raison des climats et des saisons changeantes, la transhumance s’impose explique Sékou Sangaré : « c’est un mode d’élevage basé sur la mobilité des éleveurs et de leurs troupeaux. Elle s’impose, car à un certain moment de l’année, notamment pendant les périodes sèches, il n’y a pas d’eau pour que les animaux puissent s’abreuver ni de pâturage ».  

Pour les pays comme le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le nord du Nigéria ou l’élevage et un pilier de l’économie, la transhumance permet d’accéder à des marchés pour vendre le bétail à de meilleurs prix et subvenir ainsi à leur besoin domestique et ainsi contribuer aux échanges commerciaux intra régionaux.  « L’élevage représente après le pétrole, un volume d’échange de plus d’un demi-milliard de dollars annuellement au niveau de la région. Il y a des revenus extrêmement importants qui sont dégagés dans un contexte où la filière élevage est moins valorisée » déclare M. Sangaré.

Les plus importants couloirs de transhumance sont ceux : qui rassemble autour du Ghana, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Nigéria, le Burkina, le Mali, le Niger dont une partie du cheptel se déplace énormément vers les pays côtiers ; autour du Tchad qui implique la République du Tchad, la République Centrafricaine, le Cameroun, le Niger et le Nigéria et celui regroupant la Gambie, le Sénégal, la Guinée Bissau, la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire autour de la Mauritanie.

Autant de mouvements de bétail et des personnes qui provoquent des conflits qui selon le Commissaire Sékou Sangaré, sont dus à la mauvaise compréhension et application des règlementations. « Le cheptel doit être accompagné par des bergers qui doivent avoir un âge minimum de 18 ans. Il faut également au minimum un gardien pour 50 bœufs, mais l’on peut trouver des situations où un berger de moins de 18 ans dirige 300 ou 500 bœufs. Dans ce cas, la surveillance n’étant pas efficace, des problèmes peuvent provenir » souligne le monsieur Agriculture de la CEDEAO. Bien que des règlementations relatives au suivi du bétail et des propriétaires mais aussi au respect des couloirs, ont été adoptées, elles ne sont pour l’heure pas respectées par les acteurs. « Il faut que chaque pays, aussi bien les pays de départ que ceux d’accueil soient conscients que l’élevage est une activité économique. Il rapporte aussi bien aux pays du Sahel, à leurs éleveurs, à la population, mais aussi aux pays qui les accueillent » note l’expert.

S.B.

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