La piraterie dans le golfe de Guinée rapporte près de 4 millions de dollars par an aux pirates (ONUDC)

Lagos (© 2021 Afriquinfos) – Alors que les professionnels du secteur et les Etats sont de plus en plus inquiets et se mobilisent face à la montée en flèche des actes de piraterie dans le Golfe de Guinée, le phénomène est loin de s’arrêter et se révèle plutôt lucratif pour les pirates. Selon un récent rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), le revenu global combiné des attaques est estimé à près de quatre millions de dollars par an.

A l’initiative de l’Inde qui préside en ce mois d’août le Conseil de Sécurité de l’ONU, une réunion des Etats membres s’est tenue le 9 août dernier sur la piraterie et le préjudice financier qu’elle cause aux pays. Selon une récente étude de l’ONUDC, « les opérations de piraterie dans le golfe de Guinée deviennent de plus en plus sophistiquées.  Six groupes de pirates, de 30 à 50 membres chacun, ont développé la capacité de mener des attaques dans les eaux profondes, ciblant principalement des navires étrangers pour kidnapper les membres d’équipage contre rançon.  Le revenu global combiné de ces attaques a été estimé à près de quatre millions de dollars par an, alors que leur impact économique a été estimé à environ 800 millions de dollars.  Les besoins en matière de sécurité, les changements de routes, le carburant supplémentaire, l’augmentation des primes d’assurance et autres coûts sont estimés à des milliards de dollars, avec un impact négatif évident sur le commerce mondial » peut-on lire dans le rapport.

Le golfe de Guinée, qui s’étend sur 5 700 km du Sénégal à l’Angola, est traversé par plus de 20 000 navires par an. Corridor stratégique, il sert de voie principale pour les exportations de pétrole brut et les importations de carburant raffiné et autres marchandises. Cette région, a connu une augmentation de 40% du nombre d’enlèvements au cours des neuf premiers mois de 2020 par rapport à la même période un an plus tôt. La zone représente dorénavant 95% des enlèvements maritimes mondiaux, selon le Bureau maritime international (BMI). Malgré une baisse globale du volume du trafic maritime due à la Covid-19, le premier semestre 2020, a vu une augmentation de 20% des actes de piraterie et des vols à main armée, par rapport à l’année précédente.

Face à cette situation préoccupante, les membres du Conseil appellent à l’adhésion universelle aux instruments internationaux, dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et à l’intensification de la coopération internationale, en particulier pour le renforcement des capacités des pays vulnérables. Le Conseil affirme qu’il importe de renforcer la coopération internationale et régionale pour contrer les menaces que pose la criminalité transnationale organisée en mer à la sûreté et à la sécurité maritimes.  Il salue à cet égard les efforts que font les organisations régionales et sous-régionales et divers pays pour améliorer la sécurité maritime, notamment en mettant en commun des informations dans le domaine maritime.

En mai dernier déjà, 234 compagnies et armateurs ont appelé à une coalition internationale pour lutter plus efficacement contre la piraterie maritime qui a atteint des records en 2020 dans le golfe de Guinée.

Boniface T.

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