Buhari, réticent à lever les sanctions de la CEDEAO contre le Mali

Abuja (© 2020 Afriquinfos)- Après la nomination d’un Président et d’un Premier Ministre de la Transition, tous deux des civils selon le vœu de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), on pensait la junte militaire malienne sortie d’affaire. Notamment en ce qui concerne l’embargo imposé au pays. C’était sans compter sur le Président nigérian, Muhammadu Buhari. Pour ce dernier qui s’est exprimé sur le sujet ce 28 septembre, des «zones d’ombre» restent à éclaircir entre les dirigeants de l’espace communautaire avant d’envisager toute levée des sanctions. 

Après une entrevue avec l’envoyé spécial de la CEDEAO au Mali, Goodluck Jonathan, Muhammadu Buhari n’est visiblement pas encore satisfait de la tournure que prennent les évènements du côté de Bamako. La nomination  Bah N’daw, un ancien militaire à la retraite et de Moctar Ouane un civil, ancien ministre des Affaires étrangères, respectivement aux postes de Président et Premier Ministre de la Transition, n’est pas suffisante.

A en croire un communiqué émanant de la Présidence nigériane, «les dirigeants militaires (maliens) doivent encore satisfaire à la demande de la CEDEAO d’un vice-président civil et préciser son rôle au sein du gouvernement».

Il s’agit donc là, d’une des zones d’ombre qui doit faire l’objet de discussions entre les Chefs d’Etat de l’organisation régionale. Un des préalables à la levée des sanctions qui pèsent sur le Mali depuis le putsch du 18 août 2020. Autre inquiétude de Muhammadu Buhari, les prérogatives du vice-président de la transition, poste qu’occupe Assimi Goïta, le chef des putschistes.

Selon une déclaration officielle lejour de sa prestation de serment aux côtés du Président, il a été dit qu’il pourrait prendre la place de ce dernier en cas de force majeure. La CEDEAO réclame en outre la libération des personnalités arrêtées depuis le 18 août, dont l’ancien Premier ministre Boubou Cissé. La version finale de la Charte de la Transition qui doit définir la feuille de route des 18 mois qu’elle doit durer, est aussi attendue à Abuja. En attendant que ces «zones d’ombre» soient clarifiées, l’embargo sur les flux commerciaux et financiers avec le Mali est maintenu par la CEDEAO.

Boniface T.

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