Faso: Ladji Yoro, célèbre volontaire pour la défense de la patrie, à jamais dans les coeurs et dans les têtes

Ouagadougou (© 2021 Afriquinfos)- Son nom était devenu synonyme de «résistance et de bravoure». Soumaila Ganamé alias «Ladji Yoro» est tombé le 23 décembre avec 40 autres personnes, Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) comme lui et des civils, dans une embuscade entre Ouahigouya et Titao, dans la province du Loroum (Nord). L’annonce de son décès a provoqué une onde de choc mais aussi une vague d’hommages à travers le pays. L’hommage national qui lui a été rendu lors de son inhumation dimanche dernier témoigne de ce qu’il représentait pour ses concitoyens.

Ladji Yoro est mort les armes à la main en faisant ce qu’il aimait le plus, protéger ses compatriotes.  C’est en effet alors qu’ils escortaient des commerçants de Titao partis se ravitailler en vivres à Ouahigouya que ses compagnons VDP et lui sont tombés au retour dans une embuscade qui lui a été fatale avec 40 autres personnes. Depuis plusieurs mois, l’homme était devenu célèbre pour ses faits d’armes et des vidéos dans lesquelles il se plaignait du manque de soutien étatique: «J’avais découvert ses hauts faits de guerre et sa bravoure en juin à la suite d’une vidéo dans laquelle il réclamait de l’aide, et se demandait si on n’avait pas vendu le pays. J’ai alors cherché à connaître l’homme», raconte Samuel Kalkoumdo, président du Mouvement pour la culture de la paix et l’amour de la patrie, une organisation apolitique, qui avait décerné à Ladji Yoro un trophée du «patriotisme» le 3 septembre dernier.

C’est pourtant une horde d’officiels qui lui ont rendu un dernier hommage. Parmi les officiels présents à son enterrement, le ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Aimé Barthélémy Simporé, l’un de ses prédécesseurs, Chérif Sy, des membres du gouvernement, des députés, des officiers.

Le Chef de l’Etat, Marc Roch Christian Kaboré l’a élevé à titre posthume au rang de Chevalier de l’ordre de l’Etalon. «Ça a été un hommage national, comme s’il s’était agi d’un militaire. Ladji Yoro est parti au son de la musique militaire et il a été élevé à titre posthume au rang de chevalier de l’ordre de l’Étalon. Pourtant, ses cris du cœur n’ont jamais été entendus», regrette Samuel Kalkoumdo.

Preuve de sa popularité, sa photo barrait la ‘Une’ de tous les journaux locaux dont certains lui ont consacré plusieurs pages dans leurs colonnes. Tous sont unanimes, c’est un «héros national», un «symbole de la résistance contre les attaques terroristes dans la province du Loroum» qui est parti à jamais. Mais il ne sera pas oublié de si tôt par ses concitoyens.

Boniface T.

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