Alassane Ouattara se veut rassurant face aux critiques sur sa gouvernance politique et le Franc CFA

Côte d'ivoire

Abidjan (© 2020 Afriquinfos) – Candidat à un troisième mandat dans son pays et cible de vives protestations de la part d’opposants, Alassane Ouattara est également sous le feu des critiques pour sa position unilatérale sur le passage du Franc CFA à l’ECO. Le président ivoirien s’est voulu rassurant sur ces différents sujets à son retour du sommet des chefs d’États de la CEDEAO.

Visiblement la pique que lui a lancé son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, lors du Sommet Ordinaire de la CEDEAO à Niamey a fait son effet. Ce dernier invitait les présidents africains à ne pas prolonger leur mandat au-delà de la limite constitutionnelle, au risque de mettre en péril la stabilité de leurs États. De retour à Abidjan, Alassane Ouattara a tenu à rassurer ses compatriotes mais aussi la communauté internationale, notamment la France : «Nous avons rassuré le président Macron que l’élection présidentielle se passera dans la paix. Car les ivoiriens veulent la paix, les Ivoiriens veulent des élections apaisées». Le Président ADO indique également que toutes les dispositions seront prises pour que les «troubles» constatés en août dernier ne se reproduisent plus.

«Par conséquent, le calendrier sera tenu. L’élection présidentielle aura lieu, le 31 octobre comme prévu. Les institutions font leur travail. La Commission électorale indépendante (CEI) a travaillé et envoyé les dossiers au Conseil Constitutionnel», a martelé ADO. Il ne fait donc aucun doute que le président sortant ivoirien sera de la partie en octobre malgré les appels à renoncer à son 3ème mandat venant de l’opposition et de ses ex-alliés.

C’est le cas de Marcel Amon-Tanoh, récemment sorti du RHDP pour présenter sa candidature à la présidentielle à venir. Celui qui était aux côtés d’Alassane Ouattara ces 26 dernières années laisse entendre qu’une crise post-électorale se profile si le processus actuel se poursuit. «Je crois qu’il faut qu’on s’asseye. A quoi ça sert d’aller à une élection si on sort de l’élection et celui qui est élu n’est pas bien élu, celui qui est battu ne reconnaît pas la victoire de celui qui est élu et que cette élection n’a pas réconcilié les Ivoiriens ?», s’interroge le candidat de la plateforme « Ensemble ».

Pour cet ancien Ministre ivoirien des Affaires étrangères, « aujourd’hui, à l’heure où nous sommes, un dialogue est encore possible, s’il est hardi, et les questions qui sont sur la table sont des questions techniques : c’est le problème de la CEI (Commission électorale indépendante), du Conseil constitutionnel et de la liste électorale à auditer », propose Marcel Amon-Tanoh. Car, aux yeux de l’ancien Chef de la diplomatie ivoirienne, il est encore temps de sauver les meubles si la Côte d’Ivoire veut connaître une « élection qui réconcilie et sans angoisses ».

ADO et l’avenir de l’ECO

A son retour de Niamey lundi dernier, Alassane Ouattara a également fait le point sur le processus d’établissement de la monnaie unique dans la région ouest-africaine. «L’ECO en tant que monnaie scripturale ou fiduciaire ne pourra pas voir le jour avant une période de trois à cinq ans. Pendant cette période, bien évidemment, nous continuerons d’utiliser le franc CFA, qui est une bonne monnaie, appréciée de tous et surtout des pays voisins», a déclaré le Chef de l’État ivoirien.

Cette réforme, indique-t-il, « avait pour but d’effacer les liens avec le Trésor français et la présence des Français dans les structures de l’UEMOA pour maintenir, dans un premier temps, la garantie et la parité fixe avec l’EURO… Quand l’ECO sera arrêté, nous pourrons rentrer dans une évolution vers un taux de change flexible et avoir une Banque centrale fédérale », a-t-il soutenu. Il n’est pas sûr que les autres pays du continent, notamment ceux anglophones, soient sur la même longueur d’onde.

Boniface T.

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